MOBILISATION CITOYENNE DE VENDREDI : L’opposition appelle les Algériens à sortir encore dans la rue

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Le vice-ministre de la Défense nationale et Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, a appelé, mardi, à l’application de l’article 102 de la Constitution. À savoir, la destitution du président Bouteflika pour incapacité à gérer les affaires du pays. Une vieille revendication de l’opposition qui date de 2013 que d’aucuns d’ailleurs considèrent de « complètement dépassée» aujourd’hui, au vu de l’avènement «surprise» de la mobilisation citoyenne qui demande le départ du système en place et des figures qui l’incarnent. Ainsi, les personnalités et partis de l’opposition ont été unanimes à appeler au maintien de la mobilisation dans son «acte 6» des marches de vendredi.
PT : Louisa Hanoune, à travers un communiqué de son parti (PT), hier, a dénoncé une mesure «dirigée contre la volonté du peuple» à travers l’application de l’article 102, suggérant de continuer dans la voie de la mobilisation citoyenne. « La déclaration du chef d’état-major diffusée hier (mardi) à partir d’Ouargla apparait comme dirigée contre la volonté de l’écrasante majorité du peuple de chasser un système corrompu et décomposé et disposer de lui-même. C’est une immixtion dangereuse du militaire dans le politique », a écrit le PT dans son communiqué. «En effet, l’application de l’article 102 implique le maintien du gouvernement actuel et les deux chambres du Parlement dont l’écrasante majorité du peuple réclame le départ car non légitimes. Elle vise donc le sauvetage du système et sa continuité. Et l’application de l’article 102 est porteuse de tous les risques pour la nation, pour sa souveraineté et son intégrité ouvrant la voie aux ingérences étrangères tant rejetées par les millions de manifestants», a ajouté le PT, qui a annoncé également avoir remis la démission collective de ses députés au sein de l’APN.
RCD: La députée Fetta Sadat, estime qu’il faut maintenir la mobilisation citoyenne pour ce vendredi, considérant la derrière sortie de Gaïd Salah comme une tentative de sauver le système. « La mobilisation doit être maintenue pour ne pas tourner le dos aux aspirations du peuple algérien. Nous avons tous vu dans la rue comment les citoyens demandent le départ du système en place. Cependant, l’application de l’article 102 va permettre à ce système de continuer à gérer les affaires de l’État», a indiqué Fetta Sadat, hier, au Courrier d’Algérie. Elle estime aussi que le départ de Bouteflika doit impliquer aussi le départ de tous les responsables de son régime, à commencer par les présidents actuels du Sénat et du Conseil constitutionnel. L’annonce du chef de l’Armée est « une manière de pérenniser le système. C’est carrément dépassé car ne répondant pas aux attentes du peuple algérien », a ajouté Sadat, notant qu’au lieu de ce « coup de force perpétué contre la souveraineté populaire », il aurait fallu appliquer l’article 7 de la Constitution qui « dispose d’une manière très claire que la source de toute décision est le peuple ».
MDS: Militant et dirigeant du Mouvement démocratique et social, Ali Hocine, partage également le même avis. « Je pense qu’il y aura autant sinon plus de manifestants [demain] parce ce que la solution préconisée [par Gaïd Salah] n’est pas à la hauteur de ce que demande la société. Je pense que les gens vont considérer qu’il ne s’agit que de manœuvres », a réagi Hocine Ali sur les colonnes du Courrier d’Algérie. Il poursuit : «les échos que j’ai auprès des citoyens, notamment les jeunes, c’est qu’ils ne sont pas tous avec cette approche à la solution».
MSP : Abderrahmane Saïdi, membre du Conseil consultatif du MSP, a estimé aussi que « l’application de l’article 102 vient en retard, car le peuple aujourd’hui a revu ses revendications à la hausse, à savoir le départ de tous les responsables du système ».
UDS : Réagissant à l’annonce du chef de l’état-major de l’Armée, Karim Tabou, président de l’UDS – non agréé – et personnalité très en vue durant la mobilisation populaire, a appelé à descendre encore une fois dans la rue. « Cette déclaration [de Gaïd Salah] a le mérite de montrer très clairement l’implication de Gaïd Salah et son parti-pris en faveur du pouvoir et ceux que le peuple avait tout simplement dénoncés et exigé leur départ. Donc, aujourd’hui, Algériennes et Algériens, je pense que la meilleure réponse à donner à Gaïd Salah est tout le pouvoir c’est de descendre encore une fois dans la rue à travers tout le territoire national d’une manière pacifique pour exiger le départ de ce système avec ses pratiques, ses hommes et ses symboles et surtout exiger la mise en place d’une République des droits et libertés », a-t-il indiqué dans une vidéo postée sur sa page Facebook.
Jil Jadid : Sofiane Djilali, président de Jil Jadid, a appelé hier, sur la chaîne RT France, les Algériens, à marcher demain vendredi pour « maintenir la pression sur le système et concrétiser la revendication principale du mouvement populaire, qui est le départ du système ». «Le recours à l’article 102 a certes mis fin au règne du président Bouteflika, mais son application veut dire la désignation d’Abdelkader Bensalah à la tête du pays, le maintien du gouvernement, et l’organisation des élections présidentielles sous la tutelle des mêmes institutions. Ni le peuple ni l’opposition n’accepteront cette opération », a-t-il déclaré.
FFS : Suite à l’annonce de Gaïd Salah, le FFS a réagi et dénoncé «une grave atteinte à la dignité du citoyen». « Encore une fois, le pouvoir algérien par le biais du chef d’état-major de l’armée provoque et se joue de la volonté populaire. L’institution militaire ne s’est pas retirée du politique, elle s’ingère encore une fois dans le processus constitutionnel, et ne répond pas aux revendications du peuple algérien qui demande le changement du système et non un changement dans le système », a indiqué un communiqué du parti, mardi dernier. Le FFS tiendra aujourd’hui une conférence de presse animée par son Présidium et premier secrétaire. Il convient de souligner que nos tentatives de joindre hier le FFS sont restées vaines.
Déclarations recueillies par Hamid Mecheri

 

Source : lecourrier-dalgerie

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