Mostaganem : Nekmaria commémore le 173 anniversaire des enfûmades du Dahra

Dans la nuit du 18 au 19 juin 1845, un crime contre l’humanité des plus odieux et barbare a été commis dans le Dahra mostaganémois par la soldatesque française commandée par le sinistre sanguinaire Pélissier, colonel à l’époque et sur ordre du maréchal Bugeaud qui mettait en pratique la politique de la terre brûlée et du génocide généralisé, décidés par les politiques français.

En effet, les militaires français avaient reçu des instructions pour punir barbarement la tribu des Ouled R’hiah pour son soutien aux moudjahidine qui sous la conduite d’un jeune Cheikh, en l’occurrence Boumaza, de son vrai nom Mohamed Ben Abdellah, qui causaient de grandes pertes humaines et matérielles aux envahisseurs. Les razzias étaient pratiquées, caractérisées par des tueries et des enlèvements de femmes et d’enfants de tribus du Dahra par les soldats français qui les jetaient dans le Bordj Méhal (Citadelle des Cigognes), sise à Mostaganem et transformée depuis plus d’un siècle en prison. Les conditions de vie dans lesquelles vivaient les femmes et les enfants dans ladite citadelle, étaient très lamentables et déplorables.
Ainsi, beaucoup moururent à la suite de maladies. Des historiens français racontent que des enfants étaient christianisés et que des cérémonies de baptisation étaient organisées par un curé en présence des mères qui ne comprenaient rien. C’est pour d’absurdes raisons contraires aux valeurs morales et humaines que quelque mille deux cents hommes, femmes, enfants avec des vivres et leur bétail, au courant que des soldats français se dirigent vers leur douar pour les punir barbarement, se réfugièrent dans les grottes dites Ghar Frachikh dans la commune de Nakmaria, Dahra mostaganémois. Pélissier qui commandait la troupe, obtient des informations sur le nouveau refuge des Ouled R’hiah.
Ainsi, devant l’entrée de la grotte, Pélissier fit allumer par ses soldats un immense feu qu’ils attisent toute la nuit du 18 au 19 juin 1845 avec des branches d’arbres et du souffre. A l’intérieur de la grotte, la vie est infernale de par l’épaisse fumée qui s’introduisait. Un soldat de la colonisation française, témoin des faits, en donne le récit suivant qui dépeint la gigantesque ampleur du crime contre l’humanité. «Quelle plume saurait peindre ce tableau, voire au milieu de la nuit à la faveur de la lune, un corps des forces françaises s’occupait à entretenir un feu infernal. Entendre les sourds gémissements des hommes, de craquement des roches calcinées s’écrouler et les continuelles détonations des armes. Dans cette nuit-là, il y a eu une terrible lutte d’hommes et d’animaux. Le matin, quand on cherche à dégager l’entrée des cavernes, un hideux spectacle frappe les yeux des assaillants. J’ai visité les trois grottes, voici ce que j’ai vu: à l’entrée, gisaient des bœufs, des ânes, des moutons, leur instinct les avait conduits à l’ouverture de la grotte pour respirer l’air pur qui manquait à l’intérieur.
Parmi ces animaux et entassés sur eux, on trouvait des hommes, des femmes, des enfants. Seule, une dizaine a survécu, épuisée. Ainsi, les survivants n’avaient pas de force pour marcher «Ils se traînaient difficilement». Ainsi, se dressant comme la politique de l’oubli, l’APC de Nekmaria, organise aujourd’hui, des festivités pour commémorer le cent soixante-treizième anniversaire des enfumâdes du Dahra. Indiquons, que passé au rang de général, Pélissier commet le deux décembre 1852, un crime contre l’humanité, encore plus barbare.
En effet, ce jour-là, sous les ordres de Pélissier, l’armée française a expérimenté pour la première fois, des bombes à base de chloroforme sur une population civile. Un bataillon conduit par Pélissier a bombardé la ville de Laghouat où vivaient quatre mille âmes, de sept à treize heures. Les canons ont projeté un déluge de bombes à base de chloroforme tuant quelque deux mille huit cent personnes.
Charef.N


Source : ouestribune-dz

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