M’sila : Chaleur et pénurie d’eau exacerbent le quotidien des habitants

Le quotidien des habitants de la ville de M’sila, dont la population avoisine les 250 000 âmes, est particulièrement exacerbé durant cet été par la canicule, qui conjugue ses effets avec une chronique pénurie d’eau, obligeant certains à débourser jusqu’à 1 500 DA pour une citerne d’eau potable. Cette hausse de la température poussent au recours intensif aux équipements de réfrigération et de climatisation augmentant la consommation de l’énergie électrique, selon des sources proches de la Société de distribution de l’électricité et du gaz, qui relève que plus de 70 % des ménages pourraient faire face à des factures salées. Bien que la saison estivale s’est annoncée plutôt tardivement cette année, l’utilisation des climatiseurs ne semble pas avoir baissé et devrait s’étirer bien au-delà des trois mois de l’été, estiment nombre de pères de famille, qui reconnaissent, impuissants, la difficulté de résister à la tentation de la fraîcheur procurée par ces équipements de confort de la vie moderne.

Pénurie d’eau dans certains quartiers  
L’annonce via les médias de la fin de la pénurie d’eau dans la capitale du Hodna à la faveur de la mobilisation d’une enveloppe financière et une série de mesures d’urgences incluant le fonçage de divers forages a vite buté sur la rude réalité quotidienne de nombre de quartiers, dont les habitants recourent exclusivement aux camions-citernes pour satisfaire leurs besoins en eau potable qui augmentent sensiblement en période de chaleur. Selon la direction de wilaya des Ressources en eau, une aide supplémentaire de 7 milliards de DA a été octroyée pour un recours supplémentaire aux ressources souterraines et la réalisation d’une canalisation pour le transfert vers M’sila à partir des eaux du champ de captage d’El Berine dans la wilaya de Djelfa, en attendant la concrétisation du transfert des eaux du barrage de Koudiert Asserdoune (Bouira) vers la ville de M’sila et le dessalement de l’eau du forage profond de Lokmane dans la commune d’Ouled Mansour. D’après des représentants des associations de quartiers, les habitants de la capitale du Hodna recourent à l’eau des camions-citernes apportée des forages du village Dréat dans la commune de Hammam Dhalaâ, pour leur consommation quotidienne, même si le directeur de l’ADE de la wilaya assure que la qualité de l’eau distribuée par l’Algérienne des eaux est «supérieure et ne contient aucune impureté’’, affirmant que celle-ci est soumise à des analyses quotidiennes. Dans certains quartiers, l’eau n’arrive plus aux robinets pour des raisons que les habitants désespèrent de connaître, alors que les services de l’ADE attribuent l’absence d’eau à la vétusté des canalisations et les branchements illicites. Cette situation a été exploitée par les vendeurs d’eau, dont l’activité arrive à son pic durant la saison estivale, cédant la citerne de 1 500 litres à 1 500 DA au lieu de 600 DA en temps normal.

Les vendeurs d’eau imposent leurs tarifs  
Ces marchands forcent aussi le client à prendre tout le contenu de la citerne même s’il n’a pas où le stocker. Pour beaucoup d’habitants de la capitale du Hodna, l’ADE ne semble prendre aucune mesure alternative pour combler le déficit en eau. En attendant la concrétisation des promesses des responsables du secteur, les citoyens continuent de payer au prix fort leurs besoins en eau.


Source : lecourrier-dalgerie

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