Gaïd Salah met la justice au pas à l’approche du 5 juillet

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Depuis le début du mouvement populaire du 22 février 2019, les manœuvres de déstabilisation du « Hirak » se sont succédées, orchestrées par les tenants du pouvoir. Les premières sont à mettre à l’actif du clan du président Abdelaziz Bouteflika, déchu et poussé à la démission par le chef de l’état major de l’Armée, Ahmed Gaid Salah. Puis, c’est ce dernier qui a pris le relai pour tenter de casser le mouvement.

 

Aujourd’hui 23 juin, la justice algérienne, fidèle à son image et connue pour son allégeance au pouvoir, s’est mise sous les ordres du chef de l’état major, en appliquant à la lettre ses ordres.

Depuis Bechar, le vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaid Salah, a déclaré que brandir d’autres drapeaux que l’emblème national lors des manifestations par une minorité très peu nombreuse est une question sensible. Il s’agit d’une volonté d’infiltrer les manifestations”.

16 manifestants ont été placés sous mandat de dépôt par la justice, et sont poursuivis pour les chefs d’accusations qui sont, selon maitre Bekhti Aouicha, « atteinte à l’unité nationale » et « port d’un drapeau qui porte atteinte à l’unité nationale ». Pourtant, depuis quatre mois de mobilisation, les algériens ont toujours brandi ce drapeau qui est le symbole de l’identité de tout le nord africain, sans qu’il y ait le moindre problème.

« bafouer les libertés »

Pour l’avocate et députée du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, Fetta Sadat, « la justice fonctionne toujours au téléphone et cette décision, n’est rien d’autre qu’un acharnement par une mobilisation des institution de l’Etat pour bafouer les libertés ».

Lors des manifestations du 18e vendredi, les algériens avaient pourtant clairement répondu à Gaid Salah, à ce sujet, en marchant à travers les wilayas du pays, le drapeau amazigh à la main et en scandant « Kbayli Arbi, Khawa Khawa » (Kabyles et arabes, nous sommes des frères). Cette mobilisation a, vraisemblablement, déplu au chef de l’état major qui a, entre-temps, mis au pas et sous ses ordres tous les médias lourds.

Pour preuve, les images d’Algériens portant des vêtements d’hiver ont été diffusées en guise d’illustration des marches, alors que le mercure ce jour-là affichait plus de 40°C.

La stratégie du « nouveau clan », contesté par les manifestants qui revendiquent désormais la tête de Gaid Salah en scandant « Gaid Salah, Rais El Issaba » (Gaid Salah, chef de la bande), ne semble pas porter ses fruits malgré la mobilisation de toutes les institutions et les appareils de l’état à son service.

La raison de toutes ces manœuvres est, bien évidemment, l’échec non avoué du chef de l’état major dans l’organisation d’une élection présidentielle le 04 juillet prochain, et la fin du mandat de Bensalah qui pointe du nez, deux semaines environ, sans pouvoir trouver une solution « constitutionnelle ».

marche historique le 05 juillet

La désobéissance civile annoncée pour le 04 juillet prochain, qui sera suivie d’une marche historique le 05 juillet, sème la panique dans les rangs du gouvernement dont les ministres n’ont pu mener à bien aucune de leurs sorties sur le terrain, chahutés par les citoyens et parfois même chassés.

La marche de vendredi prochain sera, certainement, un autre exercice difficile pour le Hirak. La carte de la division est, une fois encore, un cinglant échec pour le gouvernement qui cherchera à faire peur aux manifestants qui vont sortir le vendredi prochain et atténuer la mobilisation populaire qui reste intacte.

Le pouvoir voudra cadenasser le champ de la contestation dans l’optique du vendredi historique qui se profile, le 05 juillet, qui coïncidera avec le 20e vendredi.

Après la tournure que prennent les évènements, plusieurs partis politiques et ligues des droits de l’Homme ont dénoncé ces « manœuvres » et cette mainmise sur la justice qui s’est mise sous les ordres du commandement de l’état major. Qui aura le dernier mot ? La réponse sera certainement connue le 05 juillet prochain.

Adsence Milieu article

Source : inter-lignes

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