Pourquoi le Maroc et Israël cherchent à impliquer l’Algérie avec l’Iran ?

Alors que le ministre des affaires étrangères algérien a annoncé, mardi dernier, la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc, l’Israël s’immisce et joue les trouble-fêtes.

Alger juge que les motifs de cette rupture sont en rapport direct avec le soutien du Maroc à un projet sécessionniste en Algérie, espionnage à grande échelle ciblant de hauts responsables et tentative d’entraîner l’Israël dans ses litiges avec l’Algérie.

Rappelons que l’Algérie n’était pas reconnu comme une menace pour l’État hébreu mais ce dernier n’est pas non plus reconnu par Alger.

Le 12 Août dernier, le ministre israélien des affaires étrangères avait changé de fusil d’épaule présentant désormais l’Algérie comme une menace.

Yair Lapid a annoncé en complicité avec son nouvel allié ses “inquiétudes au sujet du rôle joué par l’Algérie dans la région, son rapprochement avec l’Iran et la campagne qu’elle a menée contre l’admission d’Israël en tant que membre observateur de l’Union africaine”.

“Il y a une volonté de ramener l’entité israélienne et sioniste à nos frontières”

La réaction de l’Algérie ne se faisait pas attendre au moment de la normalisation des relations entre Rabat et Tel Aviv.

“L’Algérie est visée (…) Quand ont dit aux citoyens qu’il y a des opérations à l’étranger visant la stabilité du pays, voici les preuves, quand on voit que nous sommes entourés de dangers et de guerres. Il y a une volonté de ramener l’entité israélienne et sioniste à nos frontières”, avait soutenu le premier ministre Abdelaziz Djérad.

Dans cet accord, les observateurs avaient une lecture pas des moins surprenantes estimant que le royaume chérifien cherchait d’engranger du soutien avec cette normalisation des relations dans le but de conforter ses thèses sur le Sahara occidental puisqu’il prévoyait aussi la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine sur le territoire occupé.

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L’État hébreu confirme son alliance avec le Maroc

Au vue des dernières démarches entreprises, l’on peut constater que nous avons en face, un nouvel axe dans la géopolitique régionale.

Cette position s’est vu réconforter par une source diplomatique israélienne qui avait fait une déclaration au lendemain de la rupture des relations entre les deux pays voisins. “Israël et le Maroc sont une partie importante d’un axe pragmatique et positif dans la région face à un axe qui va en sens inverse et qui inclut l’Iran et l’Algérie” déclarait la même source à l’Afp.

L’Israël ne s’est pas arrêté là car, le 26 Août dernier, un responsable du ministère des affaires étrangères est venu enfoncer le clou en accusant l’Algérie de devenir “depuis le début du printemps arabe, un passage pour les mouvements terroristes à l’instigation de l’Iran”.

Dans cette ordre idée, il y a cette volonté de nuire à l’Algérie en l’impliquant dans un problème qui ne la regarde peut être pas et de la mettre dans le même vase que l’Iran vu par l’Occident et des pays du Golf avec à leur tête, l’Arabie Saoudite, considéré comme un “État voyou” à cause de son programme nucléaire et de son influence dans la région du Moyen Orient.

Lamamra dénonce les “accusations” portées contre l’Algérie

L’Algérie, qui entretient des relations équilibrées avec les grandes puissances, a réagi fermement aux accusations israéliennes. Le ministère des Affaires étrangères avait parlé “de fuite en avant suicidaire” du Maroc qui cherche à entraîner “son nouvel allié moyen oriental dans une aventure hasardeuse dirigée contre l’Algérie, ses valeurs et ses positions de principe”.

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À l’annonce de la rupture avec le Maroc, Ramtane Lamamra a dénoncé les accusations des deux alliés comme étant “absurdes et ne méritant pas de réponse.

L’Algérie refuse d’être liée en quoi que ce soit au dossier iranien, mais elle assume ses relations avec ce pays. “Personne ne peut dicter à l’Algérie sa conduite. Les relations économiques avec l’Iran sont modestes à cause de l’embargo, la relation politique est là, nous respectons l’Iran et son histoire”, a déclaré Lamamra à la même occasion.

Pour les motifs cités plus haut, Israël n’a pas de fortes raisons de désigner l’Algérie comme l’ennemi à abattre au même titre que l’Iran. La diplomatie algérienne a du reste directement pointé du doigt le Maroc comme étant la partie qui cherche à “entraîner” Israël dans une aventure contre son voisin qui sera de facto affaibli par sa mise au ban par une partie de la communauté internationale.

D’autant que la stratégie n’a rien de nouveau pour le Maroc. Si la diplomatie algérienne a ses fondamentaux et dogmes, son homologue marocaine a aussi ses méthodes constantes. En mai 2018, elle a tenté, sans succès, de discréditer le Front Polisario en l’accusant d’être soutenu par l’Iran via le Hezbollah libanais. En cherchant à l’impliquer dans un axe avec l’Iran, le Maroc et Israël cherchent surtout à diaboliser et à isoler l’Algérie sur la scène internationale.

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