Programme présidentiel des 100 locaux par commune à Bouira : Les locaux laissés à l’abandon

Dans la majorité des municipalités de la wilaya de Bouira, les locaux commerciaux réalisés dans le cadre du programme présidentiel visant la réalisation de 100 locaux par commune, sont laissés a l’abandon et dans plusieurs communes ils sont devenus des lieux de délinquance.

En effet, plus d’une decennie après son lancement, ce programme, tant attendu par des milliers de jeunes chômeurs car le projet devait créer de l’emploi et impulser une certaine dynamique économique à l’échelle locale, s’est transformé en un gouffre financier. Selon des chiffres émanant de la direction de l’emploi de Bouira, ce plan, a vu depuis 2006, la réalisation de 2398 locaux commerciaux et ce, à travers les 45 communes de la wilaya de Bouira. Sur ce chiffre, pas moins de 1599 locaux, ont été distribués jusqu’à ce jour par les services de l’Agence de wilaya pour l’emploi (Awem) locale. 799 autres locaux, n’ont pas été encore attribués, donc pas encore exploités. Cette gabegie, a couté aux caisses de l’État et rien qu’au niveau de la wilaya de Bouira. Quant à l’enveloppe financière allouée a ce projet elle a dépassé 800 millions de dinars et plus de 40 milliards de dinars à travers les 48 wilayas du pays. Vu leur emplacement et la nature qui leur a été donnée, ces locaux, n’ont pas attirés grand monde. À titre d’exemple, aussi bien à Kadiria, Bechloul, Ath Laqsar, Lakhdaria ou Aïn Bessam, ces garages, sont totalement abandonnés ou pire encore, se sont
transformés en locaux de débauche et autres vices. Le cas des locaux de la localité d’Ath Laqsar, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Bouira, est plus qu’édifiant. Livrés à leurs bénéficiaires en 2008, la grande majorité de ces locaux n’est pas encore exploitée, parce qu’ils ne sont pas alimentés en énergie électrique. Réceptionnés depuis plus de dix ans, ils offrent toujours le même spectacle sinistre. Les jeunes bénéficiaires de ces locaux affichent beaucoup de frustration et disent qu’ils ont vu leurs rêves tomber à l’eau. Le même constat est à signaler au niveau de la commune d’Aïn-Bessem, où les 100 locaux commerciaux situés au quartier El-Akid, font l’objet d’actes de vandalisme sous le regard passif des pouvoirs publics. Nombre de ces magasins ont tout simplement été délestés de tout ce qui est transportable : portes, fenêtres, grilles extérieures, etc… Même topo au niveau de plusieurs communes de la wilaya, notamment à El-Hachimia, Sour El-Ghozlane, Ath-Rached, Ahnif et El-Mokrani, où ces locaux, souvent mal-situés, se transforment en «bâtisse fantôme». «Comment voulez-vous qu’un jeune s’y installe au milieu de nulle part, pour y pratiquer un commerce ? », s’interroge un commerçant de la commune de Kadiria (ouest de Bouira), avant d’ajouter «désormais, c’est devenu un antre pour les drogués et les délinquants qui les ont transformés en lieux de rencontre». Face à l’échec retentissant de ce programme, les autorités de la wilaya avaient, durant un temps, songé à reconvertir ces locaux, en siège pour les différentes administrations. Ainsi, instructions avaient été données à l’ensemble des chefs de daïras, afin qu’ils octroient ces locaux aux diverses subdirections, et ce, dans le but de les rentabiliser. Cette initiative devait avoir pour objectif de mieux gérer les préoccupations des citoyens et aussi de décentraliser les administrations et les rapprocher des citoyens. Or dans les faits, rien ou presque n’a été réalisé. Cet échec, les membres de la coordination nationale des associations de soutien au président de la République au niveau de la wilaya de Bouira, se gardent bien de le répertorier dans leur inventaire des « réalisations » du chef de l’État, en vue d’un hypothétique 5e mandat.
Omar Soualah


Source : lecourrier-dalgerie

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