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Réduire les importations et les subventions, augmenter la production et les exportations… : Benmeradi évoque le titanesque chantier du gouvernement

L’enjeu pour le gouvernement consiste à inverser les chiffres des importations et des exportations. Mais pour l’instant, «les importations représentent 80% du chiffre d’affaire de l’industrie nationale», assure le ministre insistant sur les ajustements économiques nécessaires pour mieux intégrer l’économie domestique.

La cure d’amaigrissement que fait subir le gouvernement aux importations, n’est pas faite pour durer. Les mesures «exceptionnelles» qui ont consisté à interdire quelque 850 produits d’entrer sur le marché national, seront levées dans les deux ou trois années prochaines. Le ministre du Commerce qui a fait cette révélation hier, sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale, a annoncé l’établissement à court terme d’un dispositif d’encadrement du commerce extérieur basé essentiellement sur les tarifs douaniers. «Le dispositif de suspension de 851 produits à l’importation a un caractère temporaire (…), probablement pour deux ans, trois ans peut-être, mais nous reviendrons à la levée de ces mesures» a souligné M. Benmeradi, affirmant que la fameuse liste négative sera scrupuleusement suivie durant toute la période d’interdiction d’importation. De fait, elle pourra être revue dans un sens ou dans un autre. Le ministre du Commerce invite donc l’opinion à comprendre que rien n’est figé et que les décisions du gouvernement ne relèvent pas de l’administratif pur, mais sont en adéquation avec la réalité du terrain, avec pour seul objectif le redressement de la balance commerciale, déficitaire depuis 2014. «J’ai entendu dire par ici ou par là, que nous voulions priver les Algériens de consommer ce qu’ils veulent. Non, ce n’est pas du tout ça l’objectif (…) Il faut arriver à tout prix à assurer progressivement une intégration de tout ce qui se produit localement pour faire de la substitution à l’importation», s’est-il défendu.
La mesure gouvernementale pourrait, espère le ministre, provoquer un choc dans l’économie du pays, actuellement trop gourmande en importation. La filière boisson illustre cet état de fait, selon le ministre. Cette industrie a coûté au pays entre 400 et 450 millions de dollars en 2017 en importation d’intrants. Dans le même temps, elle n’a généré que 12 millions de dollars d’exportations. «Les investissements consentis en Algérie depuis des années, tournent seulement entre 20 et 25% de leurs capacités du fait que les entreprises qui interviennent en aval, ne recourent souvent pas aux produits (fabriqués localement», a-t-il constaté. L’enjeu serait d’inverser les chiffres. Pour l’instant, «les importations représentent 80% du chiffre d’affaire de l’industrie nationale», assure le ministre insistant sur les ajustements économiques nécessaires pour mieux intégrer l’économie domestique.
Il reste que le commerce extérieur est également dominé par des importations qui suscitent beaucoup de gaspillage et même de petits trafics. Les produits subventionnés, justement tous importés, coûtent beaucoup à l’Etat qui se retrouve à subventionner indirectement les importations à travers un taux de change du dinar «surcoté» sur la place officielle. «Les importateurs passent actuellement par un système bancaire avec un taux de change qui ne reflète pas toujours sa véritable valeur. La véritable valeur du dinar est probablement plus proche de celle du marché parallèle. L’Etat est donc en train de subventionner indirectement l’importation» a-t-il déploré.
De fait, souligne M. Benmeradi, une évaluation du système de subvention s’impose et elle est même en cours au niveau du gouvernement: «Nous sommes en train de travailler pour voir concrètement comment basculer d’un système de subvention généralisé vers un système ciblé qui nous permettra de mettre fin à cette incohérence qui contribue aux dérèglements observés dans le commerce extérieur».
Alger: Smaïl Daoudi
 

Source : ouestribune-dz

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