Remédiation pédagogique les samedi et mardi après-midi : Les syndicats désavouent la décision

La circulaire émanant du ministère de l’Education nationale qui ordonne aux directions de l’éducation d’organiser, les samedis et mardis après-midi, la remédiation pédagogique au profit des élèves des première et deuxième années primaires et ceux de la première année moyenne en difficulté d’assimilation des cours n’a pas laissé les syndicats du secteur indifférents. Ces derniers jugent que la mesure est non-règlementaire. Et pour cause, le volume de travail et d’apprentissage a été défini et étudié au préalable par la loi. C’est le cas pour le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation, Messaoud Boudiba qui a affirmé que le syndicat refuse catégoriquement la nouvelle activité de remédiation pédagogique.
Pour lui, « cette activité qui vise à remédier aux difficultés de l’apprentissage fait partie du travail quotidien de l’enseignant ». Ce dernier, n’est donc pas appelé à augmenter le volume horaire de son travail pour réaliser cette tâche. Par conséquent, selon ses dires, « appeler les enseignants à augmenter leur volume de travail est une pratique contre la loi ». En effet, pour le syndicaliste du Cnapest, le volume horaire ainsi que les tâches assignées à l’enseignant sont définis par la loi. Autrement, le ministère de l’Éducation nationale ne peut imposer à l’enseignant de travailler le jour de son repos. Pour Boudiba : « L’enseignant a, tout simplement, le droit de refuser cette directive ». Pis encore, le porte-parole du Cnapest a qualifié cette décision de dangereuse. Et pour cause, « le caractère obligatoire de la circulaire peut créer des tensions au sein des établissements scolaires».
«Ils imposent aux directeurs d’ordonner aux enseignants de travailler des heures supplémentaires, ce qui va créer une tension interne au sein de l’école », a-t-il expliqué, tout en alertant quant aux répercussions des conflits au sein des écoles, et par conséquent, sur le déroulement de l’année scolaire.
Pour sa part, Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), a considéré la mesure de « non-règlementaire». Tout en regrettant que les syndicats ne soient pas consultés avant la prise de décision, le coordinateur du Snapest a affirmé qu’il est « inconcevable d’augmenter le volume de travail sans préciser s’il s’agit d’heures supplémentaires ou pas». «Les pouvoirs publics sont appelés à rémunérer ces heures supplémentaires, mais la circulaire est restée muette sur ce sujet», a-t-il encore expliqué. Pour ce qui est de l’élève, le syndicaliste a rappelé que celui-ci n’est pas «un sac à remplir de connaissances». Bien au contraire, le programme scolaire est, d’ores et déjà, jugé «surchargé», par le syndicaliste qui a affirmé que «ne pas avoir un temps suffisant de repos se répercutera négativement sur les élèves». Tout en rappelant que la mesure concerne les cycles du primaire et le moyen, notre interlocuteur a appelé l’ensemble des syndicats autonomes à réagir, en précisant que ces derniers auront le soutien du Snapest.
Rappelons que l’activité de la remédiation pédagogique est un nouveau mécanisme visant à remédier aux difficultés d’apprentissage pour réduire le taux d’échec et de déperdition scolaire et parvenir à une école de qualité. Mais apparemment, la ministre de l’Éduction nationale n’a pas encore gagné le soutien des syndicalistes dans ce dossier.
Lamia Boufassa

Source : lecourrier-dalgerie

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