Rencontres avec Saïd Bouteflika et Toufik : les islamistes s’accusent

0

Algérie – Les deux partis islamistes les plus en vue de la scène politique algérienne, le MSP d’Abderrazak Makri et le FJD dirigé par Abdallah Djaballah, s’affrontent sur la place publique. Ils s’accusent mutuellement d’avoir participé à des rencontres avec Saïd Bouteflika et le Général Toufik, tous les deux accusés de « complotisme contre l’armée », et actuellement incarcérés à la prison militaire de Blida.

Des rumeurs avaient circulé au sujet de l’éventualité de la convocation de plusieurs chefs de partis par la justice militaire, provocant une vague de panique dans la famille politique algérienne. Cette rumeur avait enflé à la suite de la mise sous mandat de dépôt, jeudi passé, de Louisa Hanoune. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) avait été convoquée dans l’affaire de « complotisme contre l’autorité de l’armée » dans laquelle seraient impliqués Saïd Bouteflika et les deux anciens patrons des services de renseignement, le Mohamed Mediène – dit Général Toufik – et Athmane Tartag.

Le premier responsable du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, s’est expliqué, hier lors de son passage au forum El Moudjahid, sur la rencontre qu’il a eue à la fin de l’année passée avec Saïd Bouteflika, frère du désormais ex-président de la République Abdelaziz Bouteflika, au sujet de l’« initiative du consensus national » qui s’articulait autour du report de la présidentielle et de réformes politiques.

Makri a tenu à se justifier auprès du chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, indiquant que sa réunion avec le frère de l’ancien Président n’avait rien de secret, puisqu’il avait « demandé à informer le chef d’état-major de cette initiative ».

Le Front de la justice et du développement accuse

Lakhdar Benkhellaf, député et président du conseil de la choura au sein du Front de la justice et du développement (FJD), a accusé Abderrazak Makri d’avoir rencontré le conseiller de l’ex-président en secret et sans aviser l’opposition comme il l’avait prétendu.

Le dirigeant du FJD a indiqué que Abdallah Djaballah avait même conseillé au président du MSP de ne pas jouer le rôle de médiateur entre l’opposition et Saïd Bouteflika, « qui a usurpé le statut de son frère malade ».

Le Mouvement de la société pour la paix répond

Le député Nacer Hamdadouche du MSP a très vite répondu aux accusations de Lakhdar Benkhellaf, en déclarant : « Nous avons avisé les partis de l’opposition, des contacts établis par le président du mouvement, le Dr Abderrazak Makri, avec la présidence par l’intermédiaire du conseiller du président, bien que nous ne soyons pas obligés de le faire. Ce qui nie le secret des contacts ».

Nacer Hamdadouche a, de son côté, accusé le parti de Abdallah Djaballah d’avoir entretenu des contacts secrets avec « ces forces anticonstitutionnelles ». « Nous rappelons à M. Benkhellaf que ce qu’il nous reproche faussement, ce sont les dirigeants du Front de la justice et du développement, et avec la caution de Abdallah Djaballah, qui en sont coupables. Ils se sont réunis en secret, à l’insu de l’opposition et de l’opinion publique, avec ces forces (le frère de l’ancien président à plus d’une occasion), avec le chef de l’État profond, avec l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, et avec un représentant de l’actuel Premier ministre Noureddine Bedoui, lors des discussions pour la formation du dernier gouvernement », a-t-il asséné.

Complotisme avec le trio Saïd-Toufik-Tartag

Depuis l’incarcération de Louisa Hanouna et les rumeurs sur des arrestations imminentes des chefs de partis politiques de l’opposition, les dirigeants de quelques partis vivent ces derniers jours dans l’inquiétude de se voir convoquer par le tribunal militaire de Blida et d’être accusé de complotisme aux côtés du trio Saïd-Toufik-Tartag « contre l’autorité de l’Armée » et contre « l’autorité de l’État ».

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here