Rendre Air Algérie au peuple

El Watan-Le Premier ministre vient de désavouer Air Algérie au sujet de ses tarifs que la direction jugeait les moins chers. Aïmene Benabderrahmane a reconnu, mardi, que les prix des billets de la compagnie nationale sont exorbitants et inaccessibles aux particuliers et aux familles de la communauté nationale à l’étranger.

A quoi s’ajoutent tous les Algériens désirant voyager à partir de leur pays, et n’importe quel comparateur des prix sur le Net vous le dira. A titre d’exemple, le vol Paris-Tunis-Paris en aller-retour coûte le quart du prix proposé par Air Algérie pour relier la capitale française à Alger, actuellement situé entre 700 et 800 euros.

C’est ce qui explique (en partie) que la contribution de la diaspora tunisienne dans l’économie de la Tunisie soit beaucoup plus importante que celle de la diaspora algérienne dans l’économie nationale. Le gouvernement qui cherche (de nouveau) à capter ce potentiel en devises ne fait que dépoussiérer un vieux dossier, une piste évidente pour tous les Algériens, mais sur laquelle ont échoué tous les gouvernements précédents.

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Convaincre les Algériens installés à l’étranger de placer leur argent dans des banques algériennes est une chimère. L’émigré continuera à envoyer ses euros au Square Port Saïd, tant que la Banque centrale n’aura pas rejoint le monde réel de la finance. Le gouvernement n’ignore pas ces vérités élémentaires sur les obstacles qui empêchent les Algériens de l’étranger de soutenir l’économie de leur pays, sans parler de l’instabilité politique et le déficit de démocratie qui ont poussé beaucoup à l’exil.

Air Algérie, véritable fardeau pour l’ensemble des Algériens, est aussi un chapitre de ce dossier, à cause des pratiques qui découragent notre diaspora de garder les liens avec la patrie, comme affirmé par le Premier ministre. L’enquête ordonnée par Aïmene Benabderrahmane lèvera peut-être le voile sur la structure des prix de ces billets et apportera, si la volonté existe, la lumière institutionnelle sur ce qu’on sait déjà.

Car depuis de nombreuses années, il a été démontré que derrière le mot/écran «secteur de souveraineté» se dissimulent des pratiques antiéconomiques et antinationales ayant mené la compagnie aérienne à la faillite.

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En plus de la gestion plus politique qu’économique de l’entreprise, Air Algérie est devenue une planque pour les enfants de la nomenklatura, offrant du travail aux moins méritants et aux privilégiés des postes dans les villes européennes et des salaires fictifs.

La pléthore et la masse salariale excessive ont pourri la compagnie de l’intérieur, alors que la qualité des services en a sali la vitrine, à tel point que la compagnie était devenue détestable aux yeux de l’Algérien et le symbole de l’échec national.

Arracher aujourd’hui Air Algérie à la classe prédatrice et parasite et en faire une compagnie du peuple et pour le peuple algérien est une mini-révolution que la diaspora et la communauté nationale apprécieront beaucoup. Si le gouvernement réussit son challenge, il pourra espérer un effet d’entraînement.

Nouri Nesrouche

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