Révélation. La mafia en Algérie peut toujours compter sur Tayeb Louh

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Le ministre algérien de la justice Tayeb Louh le 20 décembre 2015, Alger, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

C’est une incroyable histoire à laquelle a eu accès Algeriepart lors de ses enquêtes sur les agissements d’un homme d’affaires avec la complicité de hauts cadres de l’Etat. Une affaire où se mêlent argent sale et politiques, comme de nombreuses autres affaires qui auront marqué de manière négative la gestion du pays durant les deux dernières décennies .

Ces véritables responsables de la gabegie et du système de prédation mis en place dans notre pays sont pourtant, pour beaucoup, toujours en action dans l’ombre. Ils manigancent leur maintien ou organisent leur impunité malgré nos dénonciations et celles du peuple algérien à travers le mouvement national initié le 22 février 2019.

En voici un bien triste exemple.

Le groupe Belazzoug, a été créé en 1978 à l’Ouest du pays par le promoteur Chabane Belazzoug. Le père de Djamel et Zoheir Belazzoug, est originaire de la wilaya de Bordj Bou-Arreridj. Il avait d’abord investi dans l’importation de textiles avant de se développer dans les années 90 dans l’électroménager pour représenter la marque française Carrera.

Grands propriétaires de terrains et d’infrastructure immobilières à travers la compagnie Belazzoug Hôtel & Restaurant, cette famille de notables possède à côté du Sheraton d’Oran, un centre d’affaires sur une superficie de 30 000 m3, qui compte à son actif plusieurs infrastructures hôtelières dont le centre de thalassothérapie inauguré en juin 2011 en extension du projet New Beach, propriété du groupe Belazzoug, située en face à la Baie des Andalouses, sur la commune de Bou Sfer, mais également la Résidence le Littoral aux Andalouses, l’Hôtel Montparnasse, l’hôtel Saint-Roch situé sur la corniche oranaise ou encore l’hôtel Plaza … En 2019, le groupe a soumis aux autorités locales et centrales du pays un projet d’aménagement de la plage « El Manar » (ex. Saint-Michel) sur la corniche d’Arzew pour la transformer en une plage artificielle.

Promotion Belazzoug à Oran

Cette impressionnante réussite ne doit pourtant pas exclure, même si l’affaire est en justice, certains agissements inexcusables, comme cela a été dénoncé par une entreprise chinoise suite a un refus de paiement relatif à des prestations livrées, ayant abouti à une manifestation d’employés chinois en Juillet 2018 devant le pont Zabana à Oran.

Mais là n’est pas le plus grave.

En 2016, Zoheir Belazzoug, Directeur général du groupe et gérant et de la société Bellazoug Tex dont le siège se trouve au 21 Avenue des 40 martyrs à Oran, a décidé d’importer du ciment à partir de l’Espagne.

Belazzoug Zoheir- DG du groupe Belazzoug

A cette date l’instauration du régime des licences d’importations par le Ministère du Commerce était censée bloquer les importations de ciment du moins les diminuer de manière drastique.

Pour rappel, l’Algérie dans un effort d’aider l’activité ciment et alléger la facture en devise du pays, avait importé à peine 6 millions de tonnes de ciment en 2015 et 3.5 millions de tonnes en 2016.

Zoheir Belazzoug, pour pouvoir contourner l’exigence de présentation d’une licence d’importation, décide avec la complicité de ses fournisseurs syriens installés à Dubai, les frères Badawi, d’établir une fausse déclaration sur les documents commerciaux faisant passer le ciment comme intrant (matière première), afin de pouvoir dédouaner sa marchandise avec des complicités au port de Djendjen.

L’agent des douanes qui a procédé à la vérification de la marchandise et son adéquation par rapport aux documents a tout de suite bloqué la marchandise malgré l’importante somme d’argent qui lui avait été proposée pour fermer les yeux.

Après avoir établi son rapport et l’avoir transmis à la tutelle, l’affaire a éclaté au grand jour et ce dossier a alors fait l’objet d’une enquête des services de sécurité, suscitant une panique indescriptible chez Zoheir Belazzoug et ses complices.

Le plus grave dans l’affaire est que, cédant à l’affolement général, le navire a pu repartir du port sans que les services de Police, les Douanes, les responsables du Port et encore moins les gardes côtes n’aient mis fin à cette fuite que l’on peut aisément qualifier d’organisée !

»La décision de faire disparaitre le navire avait été prise pour camoufler et détruire toutes les preuves » nous a affirmé une source proche du dossier.

Quelques jours plus tard, le rapport final des services de sécurité tombe enfin entre les mains de la justice.

C’est précisément là qu’entrent en action les relais occultes entre hommes d’affaires véreux, intermédiaires et hommes du pouvoir.

»Zoheir Belazzoug fait appel à M.Ouraghi, beau-frère de l’ex Ministre de la Justice Tayeb Louh et à un autre cadre du même Ministère afin d’étouffer l’affaire moyennant plusieurs dizaines de milliards de centimes » affirme notre source.

D’ailleurs, à ce jour, aucune action en justice n’a été intentée contre l’auteur de cette initiative illégale et contre ses acolytes. Tayeb Louh n’a lui même pas été inquiété et reste pour le moment intouchable.

Jusqu’à quand ?

ALGERIEPART

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