Révélations. Rejeté par Chengriha, réhabilité par l’impuissant général-major Mahfoud : le très dangereux colonel Hocine Hamid

Algerie Part Plus – Il est totalement méconnu de l’opinion publique en Algérie. Algérie Part est le seul média qui a pu l’identifier et débusquer ses manœuvres complotistes ou son influence malsaine sur certains services de sécurité. Et  pourtant, cet officier militaire incarne à lui seul l’inquiétante guerre de clans qui minent de l’intérieur l’institution militaire algérienne. Cet officier s’appelle le colonel Hocine Hamid, alias Hocine Boulahya (le barbu). 

Cet officier est un ancien de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA), l’un des plus proches collaborateurs du célèbre général-major M’henna Djebbar. M’henna Djebbar avait occupé le poste de directeur de la DCSA de 1995 jusqu’à fin de l’année 2013, mais est toujours resté dans les arcanes du pouvoir. Il avait dirigé en décembre 2013 le Bureau d’organisation, qu’occupait le général-major Lakhdar Tireche, appelé à lui succéder à la tête de la DCSA. M’henna Djebbar avait même été pressenti en 2014 pour remplacer le général Toufik à la tête du DRS…

Il faut savoir que M’henna Djebbar est le père spirituel du colonel Hocine Hamid. Ce dernier a fait l’essentiel de sa carrière au niveau DU CTRI (Centre territorial de recherche et d’investigation) de la 1er région militaire à Blida tout au long des années 90, ou il avait été formé, formaté et chapeauté par son mentor M’henna Djebbar.

Après de longues années à la Direction régionale de la sécurité de l’armée (DRSA) de la Première Région militaire de Blida, Hocine Hamid, appelé Boulahya en raison de sa longue barbe composante distinctive de son allure de militant islamiste qu’il utilisait au cours des années 90 pour approcher les groupes radicaux armés, a été transféré vers le Centre principal militaire d’investigation (CPMI) de Ben-Aknoun, l’un des centres opérationnels les plus stratégiques de la DCSA à la capitale Alger.

Au cours des années 2000, Hocine Hamid deviendra l’un des plus influents hauts responsables du CPMI de Ben Aknoun, devenant même son premier patron jusqu’à son éviction des rangs de la DCSA à la suite de la mise à la retraite de M’henne Djebbar à la fin de l’année 2013. A partir de 2014, le clan de feu Gaid Salah entame une purge au sein de la DCSA, qui va alors quitter le giron du DRS pour être rattachée à l’Etat-Major de l’ANP à partir de 2014-2015, un démantèlement des services de renseignements sous couvert de restructuration imposée par Bouteflika, avec comme but suprême le limogeage du général Toufik en septembre 2015.

La purge menée par Ahmed Gaid Salah va faire paniquer Hocine Hamid et l’inciter à fuir vers l’étranger. Le prétendument colonel valeureux ayant combattu le terrorisme au cours des années 90 va ainsi suivre la désespérée voie de harga vers l’Espagne, dans la région d’Alicante, dans un geste qui restera gravé comme une trahison traitrise au regard de son passé de militaire. Algérie Part reviendra sur cette « fuite », digne d’un film d’espionnage et fera d’autres révélations sur ce personnage central dans toutes les intrigues qui ont été lancées par le clan paramilitaire ayant pris le pouvoir au plus haut sommet de la DDSE.

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Revanchard, Hocine Hamid revient en Algérie après le décès de feu Gaid Salah, hissé véritablement comme le Premier patron de la DDSE. C’est lui qui guide le vieux général-major Mahfoud depuis son bureau et lui insuffle les consignes ou les stratégies diaboliques que son clan veut mettre en place pour monter jusqu’au plus haut sommet du renseignement algérien. Parrainé par l’incontournable M’henna Djebbar, Hocine Hamid est resté très proche de nombreux généraux de la décennie Noire. L’homme parle aussi régulièrement au nom du général-major Amara Redouane, appelé communément Hadj Redouane, l’ancien chef de cabinet pendant 19 ans de l’ex-puisant patron du DRS, le général Toufik.

Aujourd’hui, le colonel Hocine Hamid supervise le service dédié à la lutte contre les éléments subversifs exilés à l’étranger. Ce service a été essentiellement dédié à la neutralisation des militants influenceurs établis à l’étranger ainsi que les journalistes indépendants qui continuent de travailler en faveur d’un journalisme indépendant, intègre et, par ricochet, hostile au régime algérien qui veut instaurer une dictature absolutiste sans tolérer la moindre voix dissidente.

Mais la nomination de Hocine Hamid à ce poste suscite une véritable controverse au sein de la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), le renseignement extérieur algérien. Et pour cause, Hocine Hamid a atterri dans ce poste à la suite de l’échec d’un pur complot qui aurait pu déstabiliser l’institution militaire algérienne. En effet, Hocine Hamid est le fer de lance d’un complot qui a été déjoué par les collaborateurs du Chef d’Etat-Major de l’ANP, Said Chengriha. Bénéficiant de l’appui de M’henna Djebbar et des anciens caciques de la hiérarchie militaire des années 90, Hocine Hamid est revenu au pays depuis l’Espagne où il s’était réfugié durant le règne du défunt Ahmed Gaid Salah avec la promesse d’occuper le poste du premier adjoint du général Sid-Ali Ould Zemirli, l’actuel patron de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA).

Les parrains de Hocine Hamid ont espéré pénétrer la puissante DCSA, l’une des institutions les plus sensibles de l’armée algérienne, considéré comme le service de renseignement interne de l’armée, la centrale d’intelligence au sein de l’Etat-major de l’ANP. Avec le projet de nommer le colonel Hocine Hamid aux côtés du général Sid Ali Ould Zemirli, M’henna Djebbar, le colonel Omar, frère de Sid Ali Ould Zemirli, et plusieurs autres anciens caciques et anciens officiers de l’institution militaire des sombres années 90, nourrissaient l’ambition d’exercer une forte influence sur l’Etat-Major de l’ANP afin d’orienter ses décisions en faveur des intérêts tracés par leur agenda secret. Celui de revenir à la constitution d’un puissant appareil sécuritaire similaire à l’ex-DRS et dont le contrôle reviendra aux anciens poids lourds de l’establishment militaire de la décennie noire.

Cependant, le rusé Said Chengriha et ses collaborateurs ont stoppé ce projet machiavélique parce qu’il risquait de déséquilibrer le fonctionnement institutionnel des services de sécurité dans une phase sensible que traverse en ce moment l’Algérie. L’Etat-Major de l’ANP refuse la nomination de Hocine Hamid comme premier adjoint du patron de la DCSA et rejette catégoriquement sa réhabilitation au sein de la DCSA en raison de son passé troublant au cours des années 90 et de son implication dans de nombreux dérapages sous l’ère de M’henna Djebbar. En plus, Hocine Hamid traîne derrière lui des dossiers secrets relatifs à ses affaires occultes en Espagne. Algérie Part reviendra sur ces dossiers prochainement dans ses révélations.

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Mais, pour l’heure, concentrons-nous sur comment ce colonel sulfureux est revenu au devant de la scène au sein de la DDSE alors qu’il a été éjecté de la DCSA. Les parrains de Hocine Hamid après avoir échoué à berner Said Chengriha et ses conseillers, se sont orientés vers le général-major Mahfoud. Agé de 71 ans, malade et peu charismatique, le général-major Mahfoud va rapidement se laisser déborder dans ses nouvelles fonctions et il ne saura jamais se montrer à la hauteur des missions qui lui ont été attribuées par les autorités suprêmes de l’Etat à la tête de la DDSE. Pour rectifier le tir, la Présidence de la République en commun accord avec l’Etat-Major de l’ANP, va imposer au général Mahfoud de nouveaux officiers qui composeront son cercle restreint afin de l’accompagner dans son travail et l’assister dans toutes ses missions délicates au moment où l’Algérie subit à l’extérieur, dans son environnement géopolitique immédiat, les foudres des tensions régionales : Maroc et Sahara Occidental, Libye, Mali, Sahel, interventionnisme de plusieurs puissances étrangères au Maghreb, la mobilisation de la diaspora algérienne à l’étranger en faveur du Hirak, etc.

Manquant cruellement de discernement et se contentant uniquement de profiter des privilèges de son poste pour terminer sa carrière de militaire malade et âgé, le vieux général-major Mahfoud dit oui aux interventions en faveur du sulfureux colonel Hocine Hamid et accepte de lui confier une sous-direction stratégique. Et c’est ainsi que la DDSE a été infiltrée par le colonel Hocine Boulahya et le fameux Tarek Amirat, promu lui-aussi par le général-major Mahfoud lieutenant-colonel en dépit de son implication dans de nombreux scandales comme l’espionnage des algériens demandeurs du visa Schengen auprès du Consulat italien à Alger ou sa grande participation aux financements occultes de la campagne du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika en France.

Face à la passivité du général-major Mahfoud, le colonel Hocine Boulahya et Tarek Amirat vont prendre petit à petit le pouvoir au sein de la DDSE portant ainsi un grave préjudice à la crédibilité de ce service d’intelligence et faussant ainsi le travail important de cette institution pour la sécurité nationale. Dans ses prochaines publications, Algérie Part fera des révélations sur le rôle pernicieux du colonel Hocine Boulahya et l’impact inquiétant de ses dangereuses manipulations carriéristes sur les équilibres institutionnels des services de sécurité.

 

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