Scandaleux : les autorités algériennes cassent la dynamique citoyenne et détournent les dons de la diaspora algérienne

Algerie Part Plus – C’est un scandale sans précédent. Les autorités algériennes viennent de s’en prendre à la dynamique citoyenne qui est née au lendemain des ravages de la 3e vague de l’épidémie de COVID-19. Depuis hier vendredi 6 août, un nouveau dispositif restrictif a été imposé à l’encontre des donateurs qui envoient des aides médicales d’urgence comme les concentrateurs d’oxygène médical à la population de diverses régions meurtries par les effets désastreux de la 3e vague épidémique. 

En effet, l’Ambassade d’Algérie en France a annoncé vendredi que les opérations de solidarité visant la lutte contre la propagation de la pandémie du Covid-19, initiées par les membres de la diaspora algérienne, sont désormais soumises à une autorisation d’acheminement de dons. Oui, les dons aussi sont soumis à des autorisations étatiques en Algérie. Du jamais ailleurs dans le monde où le don citoyen est un acte spontané, libre et n’engage que la personne qui veut exprimer sa solidarité avec une cause, des personnes en détresse ou venir en aide à une région frappée de plein fouet par un sinistre.

L’Algérie n’est pas un pays comme les autres. L’Etat veut tout contrôler, plutôt tout prendre et tout détourner à son propre profit. Et les nouvelles mesures imposées par les autorités algériennes ne cachent même pas leurs intentions : la générosité citoyenne doit être captée par l’Etat et nul autre organisme qui relève de la société civile.

« L’Ambassade d’Algérie en France porte à la connaissance des associations communautaires, collectifs et ressortissants algériens, que la concrétisation des opérations de solidarité initiées par les membres de la communauté nationale à l’étranger, venant en appoint aux actions menées par l’Etat dans la lutte contre la propagation de la pandémie du Covid-19, obéissent à des conditions », précise la représentation diplomatique algérienne à Paris dans un communiqué.

Elle précise que « les initiateurs d’opération de collecte et d’acheminement de dons sont tenus de prendre attache avec les représentations consulaires territorialement compétentes à l’effet de solliciter la délivrance de l’Autorisation d’acheminement de dons « .

Le dossier de demande d’autorisation doit comporter les indications suivantes: L’identité des donateurs (associations, collectifs, particuliers), agrément, le cas échéant, la liste du matériel médical (concentrateurs d’oxygène), des consommables et des produits pharmaceutiques collectés, comportant les indications sur le volume, le poids et la valeur.

En plus de cette nouvelle bureaucratie totalement incompréhensible au moment où le pays travers une urgence sanitaire dictée par le nombre des morts et nouveaux contaminés très élevés de jour en jour, les autorités algériennes imposent encore aux donateurs particuliers de remettre tous leurs dons et aides collectées à… la Pharmacie centrale. Désormais, cette institution étatique est la seule et unique destinataire de dons ! Un autre dérapage inédit qui démontre clairement la mauvaise foi du régime algérien qui veut reprendre à son compte les sommes colossales collectées dans le cadre des campagnes de solidarité nationale initiées par les acteurs les plus engagés et généreux de la diaspora algérienne à l’étranger.

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L’Ambassade d’Algérie à Paris a précisé à ce sujet   que « le ministère de la Santé (Pharmacie Centrale) est le seul et unique destinataire des dons recueillis. Il se charge de la répartition du matériel médical, des consommables et produits pharmaceutiques collectés selon son évaluation des besoins au niveau national », ajoutant que l’acheminement de ces aides « s’opère à partir des trois plateformes (aéroports) suivantes : Paris, Marseille et Lyon ».

Ces nouvelles mesures absurdes et illogiques ont suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux en Algérie. Le don est un acte citoyen indépendant de tout engagement politique et qui ne peut relever de l’autorité d’aucun institution étatique. Si des citoyens algériens veulent orienter leurs dons vers l’Etat, ils sont libres de le faire. Mais si d’autres, et ils sont la majorité écrasante des généreux donateurs algériens, veulent s’adresser uniquement à la population et à des associations caritatives ou des collectifs de la société civile, nul n’a le droit de les contraindre de changer de destinataire et nul ne peut leur dicter un circuit réglementaire pour l’acheminement de ces dons.

Ces dons citoyens sont une dynamique purement associative et civique qui vient combler justement les défaillances criantes de l’Etat algérien et son incapacité à subvenir aux besoins élémentaires de la population du pays à travers notamment la livraison du précieux oxygène médical.

Comment un Etat soucieux de la sécurité et santé de sa population peut-il imposer une autorisation bureaucratique afin d’encadrer des aides médicales qui relèvent de la stricte urgence sanitaire ? Des patients gravement atteints de COVID-19 meurent chaque heure en Algérie faute d’un lit d’hôpital, d’une bouteille d’oxygène ou d’un concentrateur d’oxygène,  l’appareil aspire l’air ambiant (composé à environ 20% d’oxygène et 80% d’azote), et le fait passer sous haute pression par un filtre qui piège les molécules d’azote.

Il y a donc une urgence absolue à faire preuve d’une rapidité extrême pour faire parvenir à notre pays des dons médicaux afin de sauver des vies humaines menacées grandement par le virus maudit du coronavirus COVID-19. Au lieu d’ouvrir toutes les voies à cette belle solidarité citoyenne, l’Etat algérien impose des restrictions et fait perdre du temps à des donateurs qui veulent secourir leur pays meurtri. C’est un crime contre la santé publique des Algériennes et Algériens.

L’Etat algérien va encore plus loin dans son immoralité maladive puisqu’il impose aux donateurs privés de confier leurs dons collectés à la… Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), une institution rongée par la corruption et les dysfonctionnements. Une institution ébranlée depuis la mi-mai 2020 par un immense scandale de détournements de fonds publics liés à l’acquisition à l’étranger de plusieurs millions de masques et d’autres moyens de protection.

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Trois hauts responsables de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) dont le directeur général ont été placés le 19 mai 2020 en détention provisoire par le juge d’instruction près le tribunal de Dar El-Beida. Les chefs d’inculpation retenus contre ces cadres supérieurs de la PCH sont principalement liés à la violation de la réglementation relative à la passation des marchés. Il s’agit en effet de Tarek Djaboub en sa qualité de directeur général de l’établissement public PCH, du directeur des achats, Kamel Slimani ainsi que du sous-directeur en charge des équipements médicaux, Abdellatif Tali. Alors que le directeur des finances et de la comptabilité, Farid Chibane est placé sous contrôle judicaire pour le même chef d’accusation.

Les quatre cadres supérieurs de cet établissement public sous tutelle du ministère de la Santé ont été écroués le 19 mai 2020 par le le procureur du tribunal de Dar El-Beida, à l’issue d’une enquête préliminaire menée par les éléments de la brigade de recherche du groupement de la Gendarmerie nationale de Bab Djedid, à Alger.

Le 16 décembre 2020, les autres accusés ont été remis en liberté et acquittés alors que le scandale des dilapidations des finances publiques pour l’acquisition des masques chirurgicaux et moyens de protection à l’étranger notamment en Chine au début de la pandémie n’a jamais été élucidé par la justice algérienne.

Il faut savoir que le budget annuel de la PCH, qui évolue d’année en année, était  en 2019 de l’ordre de 500 millions d’euros, alors que le budget global du secteur de la santé se situe autour de 4 milliards de dollars. La dotation budgétaire de la Pharmacie centrale était en 2018 de plus de 600 millions d’euro. La PCH ne manque pas d’argent, elle n’a pas besoin des dons citoyens pour assurer son fonctionnement et subvenir aux besoins des hôpitaux algériens. Des hôpitaux qui souffrent énormément de toutes les pénuries parce que justement les budgets alloués à la PCH sont gérés dans des conditions opaques et les pratiques de détournement des deniers publics sont légion.

Comment peut-on dans ces conditions demander aux Algériennes et Algériens établis à l’étranger d’accorder leur confiance… à la PCH ? Les dirigeants algériens veulent tout bonnement dynamiter cette dynamique citoyenne et détourner cet élan de générosité qui démontre au quotidien la faillite sur tous les plans du régime algérien face à la catastrophe sanitaire qui est en train d’ébranler le pays depuis le début du mois de juillet passé.

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1 COMMENTAIRE

  1. La mafia Politico-financière continue de spolier le peuple de ses droits, même pour se soigner, après avoir vider les caisses de l’État, elle continue à profiter de la moindre occasion de faire du profit sur notre dos.

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