SCRUTANT LA DIRECTION DU VENTLes islamistes avancent masqués

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Cette donne est vue autrement par les islamistes, le contexte s’y prête pour eux dans le but de se repositionner et faire en sorte de profiter de la conjoncture pour se faire réhabiliter.

Le brouillamini apporte sa couche épaisse à une situation politique qui s’apparente à une espèce de spirale sans issue ni perspective en mesure de ramener des réponses concrètes à ce genre de cacophonie dans laquelle se trouve le pays depuis plus de trois mois, c’est-à-dire depuis l’enclenchement du processus du changement grâce au mouvement populaire du 22 février.
L’imbroglio a pris un sens saillant où toutes les normes politiques avaient été renversées, la pratique politique subit des variations et des changements jamais observés depuis plusieurs décennies.
C’est le cas de la mouvance islamiste dans toutes ses variantes, ladite mouvance affiche une espèce d’ «homogénéité» jamais exprimée depuis son introduction dans l’arène politique au sens officiel du terme. Les islamistes voient l’évolution politique du pays comme indice qui favorise une issue «positive» quant à l’instabilité créée après la démission de l’ex-président de la République depuis plus d’un mois après la pression de la rue dans le but de changer le régime et tous ses symboles.
Tout le monde sait que c’est l’institution militaire qui gère la situation de crise dans le cadre de ses responsabilités constitutionnelles consistant à accompagner le pays et le peuple vers une nouvelle étape politique et institutionnelle en mesure de permettre à l’Etat de dépasser le statu quo et renouer avec le fonctionnement normal des institutions dudit Etat.
Les tiraillements se font sentir avec insistance ces derniers temps, la situation politique vit au rythme des mouvements de mobilisation et des marches sans arrêt pour exiger le départ du régime et aussi le rejet de l’échéance électorale de la présidentielle du 4 juillet de l’année en cours. Cette situation prête à confusion dans la mesure où les islamistes ont pris une position claire et nette dans la perspective d’adhérer dans la logique du pouvoir réel et en place maintenant, c’est-à-dire l’institution militaire et sa feuille de route fondée sur la disposition constitutionnelle, à savoir l’article 102 visant à mettre en place un intérim au président démissionnaire pour une durée de 3 mois, le temps d’élire un autre président de la République en convoquant le corps électoral pour la circonstance. Cette feuille de route est rejetée par un nombre important de formations politiques et aussi la société incarnée par le mouvement populaire. Mais les islamistes affichent leur disposition à s’inscrire dans la nouvelle feuille de route proposée par l’institution militaire et ne font pas cas du tout de la démarche qui est adoptée par la majorité des Algériens et Algériennes qui refuse d’aller vers ce qu’elle qualifie de «mascarade» électorale. Les islamistes soutiennent avec une clarté et netteté si rare l’institution militaire dans sa démarche de maintenir l’agenda électoral et ne pas aborder la possibilité d’une dynamique transitionnelle. Même le dialogue politique ne se fera que dans l’ordre délimité, à savoir le maintien du processus électoral tel que défini par la Constitution en vigueur.
Cette donne est vue autrement par les islamistes, le contexte s’y prête pour eux dans le but de se repositionner et faire en sorte de profiter de la conjoncture pour se faire réhabiliter. Certaines sources rapportent que les islamistes subissent des pressions de leurs mentors qui les financent et les aident y compris politiquement. Cette nouvelle donne permet à la mouvance islamiste de se resituer et se rapprocher des sphères du pouvoir même si elle donne l’impression qu’elle est en train de faire des concessions politiques dans le but de réaliser le compromis recherché avec les maîtres du jeu politique du moment.
Les islamistes qui ont montré une docilité si manifeste quant aux forces en présence, essayent de jouer leur dernière carte pour rebondir à nouveau sur l’échiquier politique comme une force qui pourrait négocier sa place en tant que frange politique reflétant l’échiquier politique.
Une chose est sûre, la mouvance islamiste se retrouve dans une posture le moins que l’on puisse dire, opportuniste qui attend aux aguets. Mais la leçon retenue par les islamistes n’a pas fait l’effet d’une expérience où ces derniers devaient changer de stratégie, mais bien au contraire, ils soutiennent le statu quo y compris l’institution militaire rien que pour se maintenir dans l’échiquier politique, mais aussi garder ses chances intactes dans la perspective de se repositionner électoralement et consolider son existence. Pour ça, les islamistes sont prêts à s’allier au diable pour atteindre cet objectif.

Source : lexpressiondz.com

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