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Seddik Chihab, porte-parole du RND au « Courrier d’Algérie » : «Il faut accorder plus de prérogatives aux collectivités locales»

Dans l’entretien qui suit, le porte-parole et député du RND, Seddik Chihab, défend l’idée selon laquelle, il faudra donner plus de responsabilités et de prérogatives aux maires et l’élu local. Selon lui, cette démarche s’inscrit dans l’optique de la décentralisation de la gouvernance, dont le parti d’Ahmed Ouyahia en a fait son cheval de bataille durant la campagne des Législatives-2017. Ainsi, ce qui doit passer par la révision des Codes de communes et de wilayas, est à même de stimuler le développement local. Au sujet des préparatifs inhérents aux prochaines élections locales, Seddik Chihab estime que son parti est en plein dedans.

-Le Courrier d’Algérie : Les élections locales sont toutes proches. Qu’en est-il des préparatifs chez le RND ?
-Seddik Chihab : Les préparatifs vont bon train. Nous sommes en phase de finalisation de l’opération. Je pense que d’ici le 20 août, la quasi-totalité des listes de candidatures élaborées par notre parti au niveau des communes sera achevée.

-Y’a-t-il de nouvelles conditions en règle qui s’imposent à vos candidats ?
– Non, il n’y a pas de nouvelles conditions. Tout se fait au niveau local. Nous avons une résolution, votée par le Conseil national- l’instance suprême du RND-, au mois de juin dernier. Cette résolution donne pouvoir aux structures locales du parti qui se chargent de recueillir les candidatures, de confectionner les listes et de les soumettre à l’approbation des Conseils communaux. Donc, c’est une opération totalement décentralisée.

– Les opérations de conception des listes électorales sont souvent suivies, comme c’est le cas pour nombre de partis, par une vague de contestations de militants et ou candidats. Certains des mécontents finissent même par claquer la porte pour aller se présenter sous la bannière d’autres formations politiques. Ne craignez-vous pas de tels scénarios ?
-Au RND, on s’est habitué à cette migration politique. Chez nous, on n’exclut pas cette hypothèse, mais cela reste quand même des cas très réduits en nombre. Jusqu’à maintenant, aucun problème ne nous a été signalé. Mais, une chose est claire, conformément aux statuts du parti, celui qui se présente ailleurs ou sur une autre liste est totalement banni des rangs du RND. Ce n’est même pas la peine de prendre une décision, car les textes prévoient cette situation. Pour le reste, nous considérons que le militantisme est un acte volontaire. On ne peut pas garder quelqu’un contre son gré. Mais cela étant, sur le plan pratique, nous avons pris les devants à travers les statuts régissant notre parti.

-Quels sont justement les critères de sélection des candidatures ?
– On ne fait pas dans la politique-spectacle. La particularité au RND, c’est celle consistant à choisir des candidats, bien entendu, compétents et qui ont un niveau appréciable et acceptable chez l’électorat. Il faut savoir que 90% de nos militants sont universitaires. Mais, en parallèle, ce que nous cherchons aujourd’hui c’est l’engagement et la disponibilité dont doit faire preuve l’élu local. C’est-à-dire, cette disposition à se mettre entièrement au service de la collectivité. C’est cela qui est essentiel aujourd’hui. Autrement, un élu capable de cerner et de comprendre quelles sont les préoccupations des citoyens dans sa collectivité.

-Selon vous, ne serait-il pas plus judicieux de réviser les Codes sur les collectivités locales avant la prochaine échéance électorale ?
– Les collectivités locales telles qu’elles sont pensées aujourd’hui ne peuvent pas répondre réellement aux besoins des citoyens. Prenons l’exemple du dossier de logement : aujourd’hui, rares sont les collectivités locales qui en ont les moyens pour financer un programme de l’habitat. Et rares encore celles qui ont les moyens de créer des investissements et des postes d’emploi. Néanmoins, je pense qu’il y a aujourd’hui une réflexion globale qui va dans le sens de consolider les prérogatives des collectivités locales. Il faut libérer l’initiative et également donner plus de responsabilités aux maires et aux Conseils communaux. Il est temps de donner aux élus la possibilité de délibérer librement et d’opérer les changements qu’ils jugent prioritaires dans leurs propres communes. Cependant, tant que les choses sont ce qu’elles sont, il faut faire avec. Et en attendant que les lois sur les Codes communal et de wilaya seront révisées, notre préoccupation à présent est, encore une fois, de chercher des militants-élus engagés et disponibles au service de la collectivité.

-Pour terminer, comment évaluer-vous la résonance du RND chez les militants et les électeurs ? Pensez-vous qu’il sera capable de créer la surprise dans ces élections ?
-Nous essayons de faire ce qu’on en a à faire. Je crois que nous sommes dans une phase ascendante. Le dernier congrès du parti a fait naître chez les militants du RND des ambitions que nous avons concrétisées lors des dernières législatives. Donc, nous comptons continuer sur cette lancée pour réaliser le meilleur score au niveau de la plupart des Assemblées populaires communales et de wilayas.
Entretien réalisé par Hamid Mecheri

Source : lecourrier-dalgerie

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