Seddik Chihab revient sur les appels pour un nouveau mandat à Bouteflika : «Le Président n’a jamais tourné le dos à l’appel du devoir »

À quelques mois de l’élection présidentielle, et alors que l’opposition hausse le ton contre le gouvernement et ses alliés, Seddik Chihab, porte parole du RND, a défendu l’idée d’un nouveau mandat pour le président Bouteflika dans une interview au quotidien arabophone El-Khabar. Il a également pointé du doigt l’opposition qui est «incapable même de mobiliser le peuple». «Le Président n’a jamais tourné le dos à l’appel du devoir. Il nous a habitué de répondre présent tant qu’il est convaincu que continuer son parcours à la tête du pays est une obligation politique et un sacrifice. Je crois que les sollicitations de la majorité des partis s’expliquent dans ce cadre», a indiqué le numéro deux du RND à El-Khabar, dans son édition du jeudi. Dans son entretien, le député d’Alger est revenu sur la rencontre, en juillet au palais du Gouvernement avec Djamel Ould Abbès, SG du FLN et Ahmed Ouyahia, SG du RND et également Premier ministre, où les deux personnalités ont lancé un appel pour un cinquième mandat au Président. «Le Premier ministre avait déclaré devant les médias que sa rencontre avec le parti de la majorité était dans le but de se consulter et coordonner sur ce qui se passe d’évènements dans le pays. Je crois qu’il est du droit du parti qui détient la majorité au Parlement d’être au fait des dossiers économique et social. La rencontre s’inscrivait sous un angle partisan, dont l’objectif est de renouveler le soutien au Président», a affirmé Seddik. Mais, il a pointé d’«autres lectures données à cette rencontre», pour une raison qui semble avoir un rapport avec le lieu : le palais du Gouvernement. Selon Chihab, cette rencontre n’était pas un «message destiné à l’opposition» : «De mon point de vue, cette polémique n’a pas lieu d’être. On a voulu donner à cette question de fausses interprétations. La rencontre n’a durée que l’espace d’une heure et ceux qui connaissent monsieur Ouyahia savent bien que l’homme n’est pas de ceux qui confondent entre son poste au gouvernement et au parti». Mercredi dernier, les responsables de 15 formations politiques se sont réuni à Bouchaoui ( Alger) au siège de l’ANR pour lancer «l’initiative pour la continuité» pour soutenir la candidature du président Bouteflika, alors qu’Ould Abbès affirmait depuis Boumerdès que 30 partis ont déjà rallié cette même initiative. Cependant, l’hésitation d’Amara Benyounès, Président du MPA et un franc soutien du président, suscite des interrogations. « La position de certains n’influe pas sur la position générale de la majorité. Je ne veux pas parler des positions, car les deux locomotives de la majorité sont en parfaite coordination», pense Chihab, avant de revenir et dire : «Cela ne voudrait pas dire que les partis de l’allégeance ont abandonné Benyounès, qui ne va pas tarder à nous rejoindre au vu des convergences entre les points de vue sur la continuité du Président à gérer encore le pays».
Hamid Mecheri

PASSAGE DE LA LÉGITIMITÉ RÉVOLUTIONNAIRE À LA LÉGITIMITÉ DÉMOCRATIQUE :
Le plaidoyer du RND pour un 5e mandat
Le numéro deux au RND, Chihab Seddik, fait valoir l’option d’un cinquième mandat au président Abdelaziz Bouteflika, qu’il considère comme « une nécessité » avant de passer à une nouvelle ère démocratique. À l’inverse des accusations portées par l’opposition, les sollicitations des partis de l’allégeance pour un nouveau mandat pour Bouteflika est « une nécessité politique » et un « devoir de sacrifice », se défend le porte parole du parti du Premier ministre, Ahmed Ouyahia.Sacrifice ? « Nous sommes en plein processus de construction de notre démocratie. L’Algérie a connu une période d’instabilité qui a durée près de 15 ans, de laquelle elle ne s’est remise qu’après une forte mobilisation des forces du peuple et des Corps de sécurité », a expliqué Chihab. Cependant, « après le retour de la stabilité et les divers réalisations dans les domaines de l’investissement et de développement, les situations économique, sociale et sécuritaire sont toujours fragiles. Donc, un changement dans la situation actuelle serait une aventure aux conséquences graves », plaide Chihab. Explication : « Les réalisations actuelles dans le pays ont besoin d’être renforcées et consolidées.Et cela justement ne saurait se réaliser, à notre avis, sans permettre au Président un nouveau mandat », a défendu Chihab. Après un nouveau quinquennat pour Bouteflika et la convergence des efforts pour parachever les réformes, l’Algérie va enfin pouvoir passer à « une nouvel ère », estime Chihab. Une nouvelle ère qui commencera dés 2024, où, selon Chihab, « le candidat à la présidentielle serait issu, non pas de la légitimité révolutionnaire, mais de la légitimité démocratique».
H. M.

OUYAHIA EXCLUE UN SÉNATEUR IMPLIQUÉ DANS UNE AFFAIRE DE CORRUPTION
Boudjouher Malik radié des rangs du RND
Le secrétaire général du parti du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia a décidé de radier « définitivement » des rangs du parti, le membre du Conseil de la nation, élu à Tipasa, Boudjouher Malik pour « son implication dans une affaire de corruption », a annoncé jeudi le RND sur sa page Facebook. Ouyahia s’est référé dans sa décision aux dispositions des statuts du parti adoptées lors de son 5e Congrès, ainsi qu’au règlement intérieur adopté par son Conseil national, a-t-on ajouté de même source. Le sénateur élu à Tipasa a été « définitivement » radié des rangs du parti, suite à « son implication dans une affaire de corruption portant atteinte à la réputation du RND, de ses militants et élus », précise la même source.
R. S.


Source : lecourrier-dalgerie

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