Des Algériennes victimes de violences conjugales racontent leur calvaire

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France – Le Grenelle contre les violences conjugales s’est ouvert le mardi 3 septembre, et s’étalera sur douze semaines de discussions destinées à lutter contre ce fléau qui gangrène la vie des couples. Durant cet événement, trois femmes algériennes, longtemps victimes de violences verbales et physiques exercées par leurs conjoints, ont apporté leurs témoignages dans les médias français.

« Le lendemain de notre mariage, ça a changé. Il m’a dit qu’il m’avait achetée »

Âgée de 40 ans, une Algérienne établie à Toulouse a subi douze années de violences conjugales. Pour cette mère de quatre enfants, les violences ont commencé peu après son mariage. « Au début, mon mari était serviable et gentil, il me disait ce que je voulais entendre, mais dès le lendemain de notre mariage, ça a changé. Il m’a dit qu’il m’avait achetée. Plus tard sont venues les bousculades, les gifles, et la mise à l’écart de ma famille », a-t-elle déclaré à La Dépêche. 

Au fil des années, la quadragénaire explique qu’elle s’est retrouvée plusieurs fois à l’hôpital Joseph Ducuing, à Toulouse, suite à des coups de plus en plus récurrents. Elle souligne notamment avoir subi une fausse couche après un coup de poing asséné par son mari au niveau du ventre. Peu de temps après, « j’ai profité du séjour de mon mari en Algérie pour changer les serrures. Une fois loin, mes enfants et moi avons réalisé un de nos rêves : aller au cinéma, puis manger une glace le soir dehors », a-t-elle confié.

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Privé de son domicile conjugal, le mari a continué à martyriser sa femme, dans la rue et devant l’école de ses enfants, pendant des mois. Leur divorce devrait être prononcé durant ce mois de septembre. « Pendant toutes ces années, j’étais comme un robot. Aujourd’hui encore, c’est compliqué, il faut se réapproprier son corps, mais la liberté et la dignité n’ont pas de prix », a-t-elle souligné.

« Il avait un visage d’ange, mais croyez-moi, c’était un monstre »

Leila, une Algérienne établie en France depuis cinq ans, a relaté les multiples violences conjugales qu’elle a subies auprès d’un mari particulièrement jaloux. « Il avait un visage d’ange et faisait croire à tout le monde qu’il était pieux, mais croyez-moi, c’était un monstre. Il interdisait à ma fille d’aller à l’école et je ne pouvais parler à personne », a-t-elle déclaré aux journalistes de l’hebdomadaire d’actualité La Vie.

Un soir, la violence est montée d’un cran. Le conjoint de la jeune Algérienne lui assène de violents coups dans le ventre, la poitrine et la tête. « J’étais au sol, en sang, le nez détruit et les enfants hurlaient », témoigne Leila. Son calvaire a pris fin le lendemain après l’intervention des éléments de la gendarmerie qui l’ont aussitôt emmené à l’hôpital, avec son bébé et sa fille. « On y a passé deux jours et j’ai eu 15 jours d’ITT (incapacité totale de travail, NDLR). L’étape suivante a été ce refuge », a-t-elle raconté. Aujourd’hui, Leila s’est défaite de l’emprise de son mari et bénéficie d’une aide psychologique et d’un avocat.

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« 50 ans de maltraitance et de violences conjugales »

Baya Aghbala (portant un prénom emprunté à sa grand-mère) a été mariée à l’âge de 16 ans avec un inconnu. Un mari très violent. Cependant, pour cette femme aujourd’hui âgée de 66 ans, les violences avaient commencé au sein de sa famille. Celle-ci aurait été indésirée à cause de son sexe féminin. « On ne me voulait pas parce que j’étais une fille. Alors mon père me frappait », raconte Baya dans son témoignage. « Je suis restée, car j’ai cru que la vie d’une femme algérienne, d’une femme maghrébine, c’était ça ! Être insultée, maltraitée, frappée… pour moi c’était normal », ajoute-t-elle.

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