La Bouicha : Reine de la meïda de l’Achoura à Jijel

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Le plat traditionnel Bouicha aux origines lointaines demeure dans la région de Jijel le plat incontournable pour la célébration de la fête religieuse de l’Achoura, résistant à la fatalité du changement qui a eu raison de nombre d’autres traditions séculaires. Pour Mme Zeineb, femme au foyer, la majorité des familles jijeliennes pour ne pas dire toutes les familles de Jijel, continuent en cette occasion de perpétuer la préparation de ce mets apprécié à base de trois principaux ingrédients : la grosse semoule (Dchicha), l’huile d’olive et les dattes sèches. «La grosse semoule qui est soit achetée directement ou obtenue après avoir passé au tamis la semoule ordinaire est ensuite mélangée avec les dattes sèches soigneusement lavées puis dénoyautées et coupées en deux puis malaxées en arrosant le tout de l’huile d’olive, un peu d’eau et de sel», explique cette dame. Le mélange, ajoute-t-elle, doit ensuite reposer pendant environ une heure avant d’être placé dans un récipient métallique hermétiquement fermé et placé dans un bain-marie sur un feu doux pendant près de huit heures. Une fois cuite, la Bouicha est présentée avec du lait. D’une valeur nutritive certaine, la Bouicha avec le sucre naturel des dattes procure au corps un apport calorique riche et apporte une sensation de rassasiement qui dure assez longtemps. Selon Mme Zeineb, certains attribuent à la Bouicha une origine turque tandis que d’autres lui confèrent une origine anglaise en la présentant comme un plat de guerre du fait de sa richesse calorique et la forte résistance à la faim qu’il procure. Pour le président de l’association «Jijel Antique» pour la préservation du patrimoine local, Djamel-Eddine Hadji, rien de cela n’est avéré et la thèse la plus probable et pertinente reste l’origine locale du plat. Pour preuve, ajoute Hadji, la Bouicha existe uniquement à Jijel alors que les Turcs avaient aussi habité Alger, Constantine, Tlemcen et Médéa où ce mets est un parfait inconnu en plus les Turcs connaissent peu les dattes sèches qui sont un ingrédient essentiel de la Bouicha. L’origine anglaise est également improbable puisque les Anglais sont arrivés à Jijel au début de la Seconde Guerre mondiale vers 1942 tandis que la Bouicha était déjà bien connue dans la région, argue encore Hadji. D’autres confondent entre la Bouicha de Jijel et la Boubecha connue chez les habitants des communes voisines pourtant, ajoute le président de «Jijel Antique», la différence est grande puisque la première est sucrée alors que la seconde est salée et est préparée avec des légumes et de la viande. Que l’on s’accorde ou pas sur l’origine de la Bouicha, une chose demeure indubitable et indiscutable : la Bouicha est un mets délicieux que l’on mange immanquablement durant le Achoura à Jijel seulement.

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1 COMMENTAIRE

  1. La bouicha plat traditionnel de achoura est un peu le cousin du plat écossais “la panse de brebis farcie”. Ca n existe en effet qu à JIjel et ghazaouet. Ce plat par sa consistance et sa richesse calorifique est très prisé par les marins et pêcheurs. Sa farce est introduite dans la panse du mouton de l aid el adha préalablement gonflée et sèchee ainsi que le gros intestin et autres boyaux. La cuisson au bain marie dure 12 heures et doit rester toute la nuit pour refroidir. Il doit se manger froid et conservé au frigo.

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