LA PÉNURIE D’EAU TOUCHE 1/4 DE LA POPULATION MONDIALE L’Algérie en «situation critique»

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C’est un compte-rendu de situation qui alerte au plus haut point, même si concernant l’Algérie, l’information n’est pas nouvelle tant depuis plusieurs années, les spécialistes des questions de l’hydraulique en général se sont accordés pour souligner l’urgence.
Ainsi, il résulte de l’étude menée par le très sérieux World Resources Institute (WRI) que les réservoirs de la sixième plus grande ville de l’Inde, Chennai, sont presque à sec. L’année dernière, les habitants du Cap, en Afrique du Sud, ont évité de peu le robinet à sec.

En l’année 2017, les autorités de la capitale italienne étaient amenées à rationner l’eau. Ceci pour expliquer que le stress hydrique n’épargne aucune région du monde comme le souligne le rapport du WRI qui alerte sur la menace à laquelle font face de nombreux pays quant à une pénurie en eau (waterstress) comme le monde n’en a jamais connu à travers un rapport tout récent et dont les conclusions ont été rendues publiques au début de ce mois. L’étude est arrivée à la conclusion selon laquelle 17 pays, à travers lesquels vit près d’un quart de la population mondiale, sont en situation de pénurie hydrique «grave», c’est-à-dire pratiquement au «jour zéro» ou encore «robinets à sec».

La carte à laquelle sont arrivés à tracer les contours les experts de World Resources est le résultat de la mesure des risques de pénurie en eau, de sécheresse et d’inondations fluviales. C’est ainsi qu’il en est ressorti, donc, que 17 pays sont en situation on ne peut plus critique, des pays situés pour la plupart dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) tels Qatar, le Liban, la Jordanie, la Libye, le Koweït, les Émirats arabes unis, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn, Oman ainsi que des pays de diverses régions du monde dont l’Iran, l’Érythrée, Saint-Marin, le Pakistan, le Turkménistan, le Botswana et le second pays le plus peuplé au monde, l’Inde.

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Dans l’autre groupe constitué de 27 pays vivant avec un stress hydrique très inquiétant, ils sont près du 1/3 de la population mondiale. Parmi eux, les Algériens dont les autorités chargées de la gestion de la ressource avaient posé le constat qui stipule qu’avec une pluviométrie en diminution de plus de 30% sur les vingt dernières années, il est devenu urgent de parer au déficit en eau par la recherche de solutions avec comme idée directrice la mobilisation des ressources d’eau non conventionnelles.

En effet, le contexte hydrographique de l’Algérie et l’évolution climatologique des ces dernières années, qui font que les disparités en pluviométrie sont devenues criantes entre les régions Est et Ouest par exemple, se sont constitués en autant de données qui imposent des alternatives en urgence pour mobiliser l’eau et faire en sorte que la réserve arrive à satisfaire la demande et que cette dernière ne donne pas lieu à des crises comme en ont connu de nombreux pays et qui a fait dire au WRI : «Lorsque la demande rivalise avec les réserves, même de petits épisodes de sécheresse — qui vont augmenter avec le changement climatique — peuvent provoquer de terribles conséquences», et de citer les récentes crises à Cape Town, Sao Paulo ou Chennai.

L’Algérie fait donc partie de ces 27 pays à connaître une pénurie hydrique élevée. Une liste de pays qui englobe l’Espagne, l’Italie, le Portugal, la Belgique, nos voisins marocains et tunisiens ainsi que des pays des Amériques, tels le Mexique et le Chili, alors que d’autres sont à peine mieux lotis, faisant partie de la liste de pays où même si le stress hydrique global est faible, des régions sont potentiellement sous forte menace de stress extrême, comme aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud.

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Pour dire que la sécheresse frappe partout dans le monde. En tous les cas, en Algérie, afin de remédier en urgence à la menace, la solution du recours à la mobilisation des ressources non conventionnelles s’est imposée. Un recours qui permet de nos jours de satisfaire 17% des besoins du pays en eau grâce à une production quotidienne qui atteint les 2,1 à 2,2 millions de mètres cubes. Une proportion élevée de la production journalière qui, eu égard à la pluviométrie, est appelée à augmenter suivant une stratégie nationale qui permet, selon des chiffres livrés l’année dernière, de produire donc plus de 2 millions de mètres cubes/jour dont 50% proviennent du pompage des eaux souterraines et 33% à partir des barrages érigés un peu partout à travers le pays. Le ministère en charge du secteur, pour renforcer les capacités de production en eau, mise également sur la multiplication des stations de dessalement d’eau de mer et tenter, ainsi, de réduire au maximum les conséquences du changement climatique, conséquences qui ont fait l’objet d’un rapport de la Banque mondiale, il y a quelque temps déjà.

Rapport qui établissait que la région dans laquelle l’Algérie fait partie intégrante (Mena) est donnée pour être la région la plus à même de subir les pertes économiques les plus importantes dues à la rareté de l’eau liée au climat. Perte estimée entre 6 et 14% du PIB d’ici 2050. C’est dire si la situation est à classer parmi les urgences absolues.

Azedine Maktour

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