Coupe du monde : Pourquoi les États-Unis dominent le football féminin

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Avec trois Coupe du monde et quatre titres olympiques, les États-Unis sont la plus grande nation de l’histoire du foot féminin. Et ce, pour plusieurs raisons, alors qu’elles affrontent la France en quarts de finale vendredi (21 heures).Un énorme réservoir1972.

Le football féminin se fait rare dans les universités. La loi « Title IX », qui interdit toute forme de discrimination liée au sexe dans les programmes éducatifs soutenus par l’État, sourit aux jeunes filles. Les universités sont obligées de se servir de manière égale de l’argent public pour financer le sport masculin et féminin. Résultat : beaucoup de parents encouragent leurs filles à faire du soccer pour obtenir une bourse universitaire. « Les femmes se sont approprié le soccer, loin d’être le sport national aux États-Unis. C’est devenu culturel », ajoute Mélissa Plaza, ex-joueuse professionnelle, notamment à l’Olympique Lyonnais et internationale française, par ailleurs psychosociologue. De 120 000 lycéennes en 1991, on passe à 250 000 en 1999 et 375 000 en 2015. Le nombre de licenciées est estimé aujourd’hui à 1,7 million. Et un tiers des joueuses enregistrées par la FIFA sont américaines, pour la plupart issues de l’université. « Avec une base beaucoup plus large, l’élite n’en est que meilleure. » La France compte environ 180 000 licenciées.Une faible oppositionA la fin des années 1960, les fédérations anglaise, française et allemande reconnaissent le football féminin. Au Brésil, l’abolition en 1979 d’un décret qui prévoyait entre autres l’interdiction de la pratique de certains sports aux femmes, dont le football, met fin à des années où ce sport était vu comme masculin. Conséquence de ces retards : quand la bande à Michelle Akers, Carin Jennings et consorts remporte la première Coupe du monde féminine en 1991, seules douze équipes sont présentes en Chine. Avec un réservoir de joueuses aussi important et une concurrence qui s’y est mise tardivement, les Américaines ont accumulé les titres : trois mondiaux (1991, 1999, 2015), quatre olympiques (1996, 2004, 2008, 2012).
Depuis les années 2010, leur domination est bien moins outrageuse.Un championnat concurrentiel et une fédération au chevetLa bascule s’opère réellement en 1999 après le deuxième sacre mondial, à domicile, devant 90 000 fans et 18 millions de téléspectateurs en finale.
Deux ans plus tard, une ligue professionnelle est lancée, stoppée en 2003, puis une autre, entre 2010 et 2012, arrêtée elle aussi. Depuis 2013, la National Women’s Soccer League (NWSL) organise le championnat. Une compétition fermée à neuf équipes sans relégation possible, et où les quatre premiers du classement se disputent le titre via un système de play-offs. La concurrence est telle que seul Portland s’est pour l’instant imposé à deux reprises. Parmi les joueuses de NWSL, vingt-quatre internationales américaines sont sous contrat avec l’US Soccer et payées directement par la Fédération, ce qui permet de décharger les clubs. « C’est sûr que c’est plus facile pour les clubs financièrement », poursuit Mélissa Plaza.Des stars prises comme modèlesHope Solo, Carli Lloyd, Alex Morgan, Megan Rapinoe… Les stars ne manquent pas outre-Atlantique. Elles constituent des « filles modèles », comme l’avoue Mélissa Plaza. « On les donne à voir dans des séries, ça suscite des vocations… » Plaza a joué à l’OL en 2013 aux côtés de Rapinoe. Si la milieu, double buteuse contre l’Espagne (2-1) lundi, a eu du mal à s’adapter en France, Plaza avait repéré ses qualités : « J’ai rapidement vu que c’était une grande joueuse, intelligente, avec beaucoup d’aura. Aujourd’hui, on peut voir l’envergure qu’elle a prise, son tempérament de leader sur et en dehors du terrain. » Leur notoriété leur permet même soit de prendre position politiquement – comme le fait Rapinoe, en opposition à Donald Trump – soit d’agir ensemble. Elles ont récemment porté plainte contre la Fédération américaine pour discrimination (une médiation serait en cours). « Elles ont conscience de la force qu’elles ont ensemble, médiatiquement. »

 

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Source : ouestribune-dz

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