Ce que le journal Corriere Della Sera révèle sur le belliqueux Khalifa Haftar

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L’Algérie a raison de ne pas faire confiance à Khalifa Haftar. On comprend mieux, à travers un portrait brossé par le journal italien Corriere Della Sera, les virevoltes de «celui qui a trahi Mouammar Kadhafi» qui menacent les efforts de paix en Libye.

Dans un article intitulé «De la CIA à Poutine, les mille visages du général Haftar», le quotidien italien note que «l’homme fort de la Cyrénaïque est peu enclin au dialogue» car «il voit la diplomatie comme un danger» pour sa propre personne. On comprend aussi l’acharnement de Khalifa Haftar à l’égard des islamistes, même modérés, contre lesquels il concentre toute son énergie pour leur mener une guerre sans merci.

Cette rancœur, il s’en est expliqué dans un entretien au même quotidien italien en 2017, en affirmant qu’il était à deux doigts d’être nommé ministre de la Défense après la chute de Kadhafi, «mais les Frères musulmans qui dominent Tripoli ne voulaient pas de moi. C’est alors que j’ai compris qu’il n’y avait pas d’autre solution avec eux que le recours à la force».

Le journal italien révèle que le temps joue en défaveur de Khalifa Haftar qui, du haut de ses 76 ans, souffre de graves problèmes de santé. De ce fait, le temps joue contre lui, explique Corriere Della Sera, selon lequel le maréchal autoproclamé estime que «revenir au jeu diplomatique l’affaiblirait», d’où son refus de respecter l’accord de cessez-le-feu.

L’Algérie, qui est directement impactée par la guerre civile qui fait rage dans la Libye voisine et qui chemine vers une intervention étrangère imminente, fait face aux calculs égoïstes d’un officier qui a fait montre, par le passé, de sa lâcheté face à l’armée tchadienne. A cette attitude indigne d’un chef militaire se greffent les défaites enregistrées par l’homme-lige du régime émirati, qui a échoué dans son offensive contre Tripoli et a encouragé la Turquie à mettre un pied en Libye.

Le journal italien évoque, enfin, une guerre de succession qui met aux prises le propre fils de Khalifa Haftar, son bras droit Mahmoud Warfalli, décrit comme «l’homme des sales besognes» et accusé d’avoir tué de sang-froid des dizaines de prisonniers, et un autre «chef militaire» répondant au nom d’Unis Abu Hamada qui ne cache pas son ambition de régner sur l’Est libyen.

«Haftar n’a jamais vraiment gagné une guerre», conclut le quotidien italien.

 

 

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