Comment le pouvoir prépare la fraude à la prochaine élection présidentielle

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Par Tahar M. – De nombreux acteurs de la société civile se sont interrogés sur l’absence d’un accompagnement technologique du processus électoral que le pouvoir veut imposer aux Algériens le 12 décembre prochain. En effet, des organisations apolitiques affirment ne pas comprendre que l’instance mise en place par l’armée pour «surveiller» l’élection ne dispose même pas d’un site électronique et ne communique avec les citoyens que via les méthodes archaïques – conférences de presse, communiqués distribués aux médias, etc.

D’aucuns relèvent le décalage entre une société en constante évolution et le retard flagrant des symboles du système, qui demeure arrimé au passé et est incapable de se mettre au diapason d’une jeunesse effervescente et vive qui manifeste pour le changement depuis plusieurs mois. D’autres estiment que ce mode opératoire est prémédité pour empêcher toute transparence dans le déroulement de l’élection, imposée par l’état-major de l’armée, qui a déjà jeté son dévolu sur le successeur de Bouteflika et qui aura pour mission essentielle de perpétuer le système rejeté par l’écrasante majorité du peuple.

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Le choix porté sur d’anciens fidèles ministres de Bouteflika, qui seront les seuls à participer à la mascarade électorale du 12 décembre prochain, confirme la manœuvre du pouvoir qui consiste à assurer l’exacte reproduction des élections truquées qui ont caractérisé la vie politique en Algérie depuis l’avènement de Bouteflika en 1999. La machine administrative a été mise en branle, et le rappel de Mohamed Charfi participe de cette machination. L’ancien ministre de la Justice a été sorti du placard par le pouvoir au même titre que son ancien collègue du gouvernement Abdelmadjid Tebboune, lui aussi présenté comme une «victime du clan», les deux hommes ayant été limogés par Bouteflika. Et on sait maintenant pourquoi.

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Charfi et Tebboune, tout en siégeant au sein d’un Exécutif qui était censé être présidé par l’omnipotent Bouteflika, faisaient allégeance à son chef d’état-major dont ils exécutaient les ordres. Cette bipolarité au sommet de l’Etat s’était manifestée lorsqu’une guerre sans merci s’était déclarée entre les deux clans qui le constituent et qui s’étaient soldée par l’éviction de l’homme de Gaïd-Salah trois mois à peine après sa désignation à la tête du gouvernement en remplacement d’Abdelmalek Sellal.

Gaïd-Salah, qui semble avoir remporté la seconde manche dans cette empoigne, perdra celle qu’il mène contre un peuple tout entier. En tout cas, les millions de citoyens qui manifestent depuis le 22 février le promettent.

T. M.

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