Les Irakiens s’inspirent du Hirak algérien et manifestent contre la corruption

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Par Saïd N. De violentes manifestations ont éclaté, mardi, à Bagdad et dans le Sud irakien pour protester contre la corruption et réclamer du travail et une vie digne. Les affrontements avec les forces de l’ordre ont fait, selon un bilan provisoire, deux morts et plusieurs blessés. Selon des sources médiatiques locales, les forces de police ont usé de balles réelles pour essayer de disperser les foules et de stopper un déferlement humain qui se propageait rapidement.

Lors des manifestations, les Irakiens ont scandé des slogans antipouvoir, dont le plus partagé était : «Baquna el-haramiya !» (Les voleurs nous ont pillés, dans le dialecte local) pour crier leur rage contre les propensions prises par le fléau de la corruption et des détournements des deniers publics dans ce pays si riche en ressources naturelles, mais réduit à la misère et au sous-développement par l’incurie de la classe dirigeante. Un slogan qui semble directement copié sur le célèbre cri des Algériens dès les premières manifestations du 22 février : « Klitou leblad ya serraqin ! » (Vous avez englouti le pays, bande de voleurs !, dans le langage algérien), et dont l’écho avait résonné, grâce aux réseaux sociaux, dans le monde entier.

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Il est donc plus que probable que la persistance des manifestations populaires en Algérie, avec la même détermination et le même allant, ait inspiré et encouragé la population irakienne qui, en plus des effets de la guerre et du terrorisme, ploie sous le joug d’une nomenklatura aussi corrompue qu’autoritaire.

Après le Soudan, l’Algérie et l’Egypte, cette éruption populaire en Irak marque le déclenchement d’un second cycle du «printemps arabe». Dans tous ces pays, les manifestations de colère contre les régimes en place sont accueillies par toujours plus de répression et de restriction des libertés. Les mêmes causes, en fait, ayant conduit, en 2011, à la radicalisation des mouvements de contestation qui ont fini par être noyautés et récupérés par les courants islamistes les plus radicaux.

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S. N.

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