Pourquoi les leaders islamistes piaffent d’impatience de rencontrer Tebboune

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Les partis islamistes ne dérogent pas à leur nature entriste, voire opportuniste. A peine la présidence de la République a entamé des consultations sur le projet de révision de la Loi fondamentale que les chefs des formations islamistes en perte de terrain s’égosillent pour qu’ils se fassent entendre.

Du président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Mokri, au président du Front pour la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, en passant par Abdelkader Bengrina du parti El-Binaa El-Watani et du Mouvement El-Islah de Filali Ghouini, ces chefs de partis islamistes attendent impatiemment une invitation de la présidence de la République pour rencontrer Tebboune.

Usant du même argumentaire et tombant à bras raccourcis contre ceux qui continuent de manifester dans les rues des différentes villes du pays tous les mardis et les vendredis, ces chefs islamistes, qui n’ont jamais cru au véritable exercice démocratique, espèrent se voir confier un rôle dans cette nouvelle Algérie que compte construire le président Tebboune.

Leur offre de service obéit assurément à des calculs politiciens étroits qui visent à leur permettre de subsister dans le nouveau paysage politique qui verrait l’émergence de nouveaux visages et de nouveaux sigles. Balayés par le Mouvement populaire pacifique du 22 Février, les chefs islamistes attendent de monter sur le «bateau» Tebboune pour éviter un naufrage. Car, il est utile de rappeler que ni Abdellah Djaballah, ni Abderrezak Mokri, ni encore moins Abdelkader Bengrina n’avaient pu marcher sans encombres durant les manifestations de vendredi. On se souvient encore de ces scènes de rejet de ces leaders islamistes par les manifestants qui semblent bien connaître les pratiques et le fonctionnement de cette mouvance qui évolue dans la compromission permanente.

C’est en s’attaquant ouvertement au Hirak que les chefs islamistes tentent de gagner la «confiance» du nouveau chef d’El-Mouradia. Sans scrupules, ces formations islamistes foulent aux pieds leurs engagements avec d’autres partenaires politiques, comme ceux qu’elles ont contractés lors de la fameuse conférence nationale d’Aïn Bénian. Une conférence qui avait fixé les conditions d’un dialogue avec le pouvoir. Des conditions qui demeurent encore insatisfaites, notamment dans leur chapitre relatif à la libération des champs politique et médiatique. Mais pour cacher leur volte-face, ils font un procès d’intention aux gens du Hirak qu’ils accusent, notamment, de véhiculer des idées et des projets de société contraires aux valeurs arabo-islamiques qu’ils défendent.

 

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