Par Karim B. – Le ministre libyen de l’Intérieur a souhaité la mise en place d’un accord de défense commune avec l’Algérie pour contrer les visées hégémoniques de certains pays occidentaux et arabes dans la région.

Fathi Bachagha a affirmé, dans une conférence de presse consacrée à l’évolution de la situation sur le terrain depuis que le maréchal autoproclamé Khalifa Haftar a lancé une offensive militaire pour prendre la capitale Tripoli, que plusieurs pays financent et arment cet ancien officier de Kadhafi. Le ministre a révélé que des missiles tirés sur Tripoli ne pouvaient provenir que d’un pays arabe qui est le seul à les détenir. Il ne pourrait s’agir que des Emirats arabes unis ou de l’Arabie Saoudite, selon les observateurs de la scène libyenne.

Le ministre libyen de l’Intérieur a, par ailleurs, ouvertement accusé la France de soutenir Khalifa Haftar dans son entreprise de sabotage des accords conclus entre les différents belligérants, dont celui d’Alger. «La France, pays de la démocratie, apporte son soutien à un dictateur autrement plus féroce que celui qu’elle a aidé à renverser», a dénoncé Fathi Bachagha.

Des manifestants libyens ont brûlé le portrait du président français, Emmanuel Macron, à Tripoli et exhibé ceux des monarques saoudien et émirati, barrés d’une croix rouge, pour dénoncer l’implication de la France, de l’Arabie Saoudite et des Emirats dans le conflit interne libyen, trois pays auxquels s’ajoutent la Turquie et le Qatar, outre les Etats-Unis qui considèrent l’offensive de Haftar comme entrant dans le cadre de la guerre contre les groupes terroristes islamistes, et l’Italie qui se dispute le marché pétrolier et gazier avec son voisin français.

L’Algérie, directement impactée par la guerre civile provoquée par Nicolas Sarkozy en Libye, est extrêmement préoccupée par la multiplication des ingérences étrangères dans ce pays frontalier. Certains experts ont été jusqu’à préconiser une intervention directe de l’armée sur le territoire libyen pour prévenir toute attaque terroriste similaire à celle qui avait visé le site gazier de Tiguentourine en janvier 2013.

L’appel du ministre libyen est-il le prélude à un changement dans la doctrine de l’armée algérienne qui n’est jusque-là jamais intervenue au-delà des frontières ?

K. B.

Source : algeriepatriotique

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