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Une femme harcelée par un imam pour avoir ouvert un salon de thé à Béjaïa

ALGERIEPATRIOTIQUE– «Voilà voilà que ça recommence, partout partout ils avancent», dirait le défunt Rachid Taha. Une femme de Béjaïa est harcelée par un imam depuis qu’elle a ouvert un salon de thé dans la ville. La victime de ce harcèlement affirme s’être plainte auprès du président d’APC et que celui-ci a eu pour seule réaction une invitation à «respecter le vœu du vénéré cheikh». La victime précise qu’elle a porté plainte auprès de la police, mais que le commissaire l’a rabrouée en lui expliquant qu’il n’avait pas que ça à faire.

La tenancière du salon de thé a indiqué que des habitants du quartier ont pris parti pour l’imam intégriste et que l’un d’entre eux est allé jusqu’à déverser des urines à l’entrée de son commerce. La dame dit être menacée et insultée par des nervis qui semblent être de mèche avec le religieux. «Je me suis adressée au procureur de la République qui a pris les choses en main», a assuré cette citoyenne de Béjaïa, qui a fait part de sa grande tristesse pour ce qui lui arrive.

On ne sait pas si l’imam en question relève du ministère des Affaires religieuses ou s’il fait partie des résidus du FIS dissous qui squattent les mosquées en profitant de la tolérance inexplicable des autorités. L’imam d’une mosquée à Bouzaréah, sur les hauteurs d’Alger, a récemment été sanctionné par sa tutelle pour avoir critiqué une décision de celle-ci. Le charlatan d’Echorouk TV, Chems-Eddine Bouroub, avait, lui, été sommé d’arrêter ses causeries que diffusait son ancien employeur, Ennahar TV, non pas en raison de la dangerosité de ses prêches et de ses fatwas saugrenues, encore moins sur l’usurpation du titre de prédicateur sans aucun diplôme, mais pour avoir, lui aussi, contredit une mesure décidée par le ministère, à l’époque. Le faux théologien a donc été repêché sur une autre chaîne à partir de laquelle il poursuit son travail d’endoctrinement.

Des observateurs n’ont pas manqué d’exprimer leur étonnement, du fait que cette mésaventure qui arrive à une dame qui n’a rien fait d’illégal ou d’illicite soit arrivée dans une ville ouverte comme Béjaïa. Ils mettent en avant l’infiltration insidieuse des extrémistes religieux dans cette région connue pourtant pour être un bastion de la liberté de pensée. Comme ils n’ont pas manqué de s’interroger sur la complicité par le silence des autorités locales qui semblent être soumises au diktat d’un imam au-dessus des lois de la République. «Exactement comme au début des années 1990 lorsque les extrémistes du FIS dissous imposaient leurs règles dans tous les domaines et s’ingéraient jusque dans la manière de s’habiller des Algériens, sans que les responsables politiques bougent le petit doigt», affirment ces observateurs qui font le parallèle entre la période actuelle et les années qui ont précédé la terrible décennie noire.

L’Etat va-t-il sévir ou va-t-il, lui aussi, considérer cette grave dérive comme un «fait banal» pour lequel il ne doit pas être «dérangé» ? Les militantes féministes vont-elles se mobiliser pour soutenir une femme qui exerce une activité tout à fait légale et qui n’est «lapidée» que parce qu’elle fait partie du «sexe faible» et qu’elle a décidé d’entreprendre librement et de s’affranchir de la tutelle du «mâle dominant» ?

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