Une manifestation contre le dévoiement de la mémoire de Lounès Matoub

Le Collectif pour la défense de la mémoire de Lounès Matoub né le 24 novembre 2018 appelle « à la mobilisation générale des Kabyles, notamment en Kabylie, pour dénoncer les atteintes qui visent la mémoire de celui qui s’est battu pour défendre la dignité de la Kabylie » lit-on dans un communiqué parvenu à notre rédaction, aujourd’hui 13 février.

Les membres du collectif dénoncent les attaques de l’état « qui visent la mémoire de Lounès Matoub et l’humiliation des Kabyles et des Amazighs de manière générale, à Paris nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent et se réclament du combat de Lounès Matoub à un rassemblement au Parvis des droits de l’Homme au Trocadéro le dimanche 24 février 2019 à 14h30 ». Ils estiment que « l’Etat algérien œuvre publiquement à détourner la mémoire de Matoub Lounès au profit de ce qu’il a toujours combattu ».

Cette déclaration intervient après l’annonce du président de la république qui a « approuvé le financement et le soutien » pour la « réalisation d’un musée dédié au patrimoine culturel et artistique du défunt chanteur Matoub Lounes », au village de Taourirt Moussa, à Ait Mahmoud (wilaya de Tizi Ouzou), et ce à la demande de Malika Matoub, présidente de la fondation « Matoub Lounes », a indiqué un communiqué du ministère de la Culture, le 20 Aout 2018.

« enfant prodige de la kabylie »

Pour les militants qui portent toujours le combat du « Rebelle », « Il est inadmissible aujourd’hui d’assister à cette profanation de la mémoire de Lounès Matoub synonyme de notre humiliation, nous qui nous nous réclamons fièrement du combat du Rebelle. », car « depuis quelques années maintenant, la mémoire de Lounès Matoub est régulièrement profanée : hommages officiels de l’Etat algérien, prières islamiques sur son tombeau et maintenant séquestration de sa mémoire dans un « musée » sponsorisé par l’arabo-islamisme ». « C’est bien là le comble de l’ignominie. La mémoire de l’enfant prodige de la Kabylie se retrouve menacée d’être séquestrée par ses assassins, ceux-là même qu’il a combattu de toutes ses forces, jusqu’à y laisser sa vie » défoncent les membres du collectif.

Depuis son assassinat le 25 Juin 1998 sur le chemin de retour chez lui, les véritables assassins de « l’enfant prodige de la kabylie » ne sont pas encore démasqués.

Source : inter-lignes

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