Voici ce que Bouteflika a fait perdre à l’Algérie

Algérie –Décédé ce vendredi 17 septembre 2021, à l’âge de 84, Bouteflika durant ses vingt années de règne a mené plusieurs actions qui ont conduits à la gloire de l’Algérie mais également à une descente aux enfers. Suivez à travers cet article  ce que ce dernier a faire perdre à l’Algérie en deux décennies.

Deux décennies pendant lesquelles l’homme avait tout pour changer le visage de l’Algérie et le mettre définitivement sur la voie de la modernité et du décollage économique : il avait l’argent, le temps, le pouvoir et les circonstances de son côté. Qu’il n’ait pas voulu ou pas su le faire, l’histoire le retiendra à sa charge, plus que tous les autres ratages de sa présidence. Bouteflika a pris les rênes de l’État algérien en avril 1999, ramené par le pouvoir réel en « sauveur » après une décennie de terrorisme. Dans les premiers mois, et même jusqu’à la fin de son premier mandat, en 2004, il avait fait forte impression par un discours direct qui tranchait avec la langue de bois de ses prédécesseurs, ses critiques envers « l’ancien régime », ses promesses de tout chambouler pour donner un nouvel essor au pays. Mais  l’Histoire reteindra que  Abdelaziz Bouteflika n’a pas fait les bons choix. En 20 ans, il a dépensé près de 1500 milliards de dollars en infrastructures, certaines utiles, d’autres superflues, en projets d’un gigantisme délirant, et dans la quête perpétuelle de préserver la paix sociale. L’accumulation des erreurs stratégiques a plombé l’avenir du pays. Il a mis la charrue avant les bœufs en ajournant les réformes structurelles qui devaient précéder de telles dépenses. Le résultat fut qu’une partie de la manne est détournée en surfacturation des projets, corruption et transferts illégaux vers l’étranger. À son départ sous la pression de la rue et de l’armée en 2019, Bouteflika avait laissé le pays comme il l’avait trouvé en matière de fonctionnement de l’économie et des institutions, avec la même dépendance dangereuse aux hydrocarbures. Aucune des réformes envisagées, dont certaines avaient même fait l’objet de commissions ad hoc, n’a été menée à terme : économie, système bancaire, investissement productif, justice, école…C’est le plus grand mal fait par Bouteflika à l’Algérie. L’ancien président avait les moyens de changer les choses, il ne l’a pas fait. Il a manqué de vision et d’ambition pour l’Algérie. Ces réformes qui étaient possibles dans les années de vaches grasses sont très difficiles à mener quand les caisses de l’État sont vides, comme c’est le cas actuellement. Même le pétrole, principale source en devises du pays, a perdu définitivement sa valeur stratégique, au profit des énergies renouvelables. L’Algérie a raté l’opportunité de changer de visage pour de bon et il lui faudra sans doute des décennies voire plus pour avoir de nouveau une telle fenêtre de tir.

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